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Sylviane Adloff

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Sylviane Adloff : galerie Mirondella - Faufil'art




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INCARNATIONS DE SYLVIANE ADLOFF
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les textiles, les peintures de  Sylviane Adloff  n’excluent jamais la peur mais recèlent une profonde beauté. Elles provoquent parfois même, en leurs fragments, une fascination, panique et une dévotion. L’être peut s’engager au dedans car elles sont des parties – destructurées – de lui-même. C’est pourquoi l’humain se « découvre » d’une autre façon.

Son corps n’est plus un blason. Mais s’en dégage une puissance étonnante en un rappel à l’antique par un clin d’oeil à une forme de dérivation du côté de l’art textile le plus récent. Une puissance sombre (même si les silhouettes ou leurs fragments sont en eux-mêmes plutôt clairs)  rappelle toujours à l’homme le peu qu’il est. Néanmoins Sylviane Adloff lui prédit un avenir ou ses hypothèses qu’il  ne soupçonnaient pas vraiment. Le désir prend au sein de « ruines » d’étranges proportions, séquence par séquence, morceau par morceau au cœur de l’hybridation se mettent en place de nouvelles données corporelles.

 Sourdent un irrémédiable  et une paradoxale injonction vitale qui sont suggérés en ces éléments du corps. Celui-ci demeure l’  « objet » (ou le sujet) obsessionnel par excellence que traite l’artiste.  Confrontés à de telles  œuvres – et c’est une de leurs valeurs majeures – les regardeurs sont plongés au sein d’une communauté étrange. Ne subsiste aucune sollicitude sécurisante. On ne connaîtra plus une tranquillité apaisante.  Restent des invitations au voyage.

En ce sens tout en pesant de son poids de « chair » par les effets de matière l’œuvre de Sylviane Adloff demeure toujours céleste C’est d’ailleurs là toute l’ambiguïté et la force d’une telle résurrection.  L’artiste sait déplacer nos points de vue en inventant de nouvelles incarnations. Cela s’appelle vanité humanité réduite à ses fragments et aussi échappées d’âme. Le corps  en ses parcelles devient le lieu qui inquiète la pensée. Le premier cependant situe, enveloppe, touche, déploie la seconde.

Le corps devient donc l’abyme de la pensée ou ce que Maldiney nomma « aître de la pensée, état naissant de la langue ». Dans la dynamique - intrinsèque à la création  de Sylviane Adloff - demeure toujours visible un vide organique au seins de portions, de « mutilations » et de coupures. Par différentes matières s’érige une réflexion plus générale sur l’image. Le réseau d’équivalences poétiques naît d’approches qui prennent la valeur d’une anamnèse matérielle.   

En conséquence l’artiste invente une mutilation mais aussi une extension de corps. Ce dernier est pensé comme contradictoire. L’anamnèse devient une dialectique matérielle. L’archéologie du matériau ne va donc pas sans celle du sujet. Et un tel travail consiste à fouiller dans la mémoire de la chair, de la pensée, de descendre dans le cerveau. Le corps devient le lieu physique où peut se toucher de la pensée - même si toucher n’est pas saisir, ni posséder.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.