Artistes de référence

Sylviane Adloff

Philippe Blanc



Philippe Blanc : galerie Mirondella - le site


Photographer's Market 2011
Un livre indispensable
pour vendre ses photos


Il s'agit d'un annuaire des magazines généralistes et des agences photo au niveau mondial, qui indique pour chaque entité : - Le type de photos dont ils ont besoin (thématiques...) - Les tarifs pratiqués - Les besoins annuels - Qui contacter, et que mettre dans l'enveloppe ou l'e-mail (CD-rom avec 20 photos, enveloppe avec 10 tirages...)
Sur plus de 600 pages, on y apprend tous les détails, qui vont du délai de réponse lors de l'envoi d'un portfolio, aux formats et résolutions souhaitées... Bref, un ouvrage indispensable pour le photographe qui souhaite être publié. Ce livre est une véritable bible pour tous ceux qui cherchent à vendre des photos issues de leur catalogue. L'inconvénient pour certains est qu'il est rédigé en anglais. Cependant, celà vaut vraiment le coût de s'y plonger. C'est l'occasion d'entrer en lien direct avec les acheteurs d'images de milliers de magazines internationaux, et de centaines d'agences spécialisées.

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CHAMPS DE FOUILLE DU MONDE : PHILIPPE BLANC
par Jean-Paul Gavard-Perret




Philippe Blanc crée sans cesse le dédoublement du réel. Autant par les thèmes qu'il choisit que par la matière de les traiter. Plus que la surprise le photographe recherche les impuretés du réel saisies dans un combat entre présence et absence dans une dialectique de l'être et de ce qui l'environne. Chaque cliché permet  l'apparition de fantômes même quand les lieux perdent leur capacité à appeler de l'humain : que ce soit dans un agglomérat de voitures ou face à un pylône commercial Mac Do dressé tel un totem devant une raffinerie.

Notre ici est là. Même à l'autre bout du monde où des présences surgissent dans leur humilité fondamentale.  « D’où sommes nous ? Nous le savons plus du tout  » semble affirmer le photographe. Son pouvoir du lieu ne fait qu’un avec le pouvoir du temps. Chaque cliché devient le porte-empreinte de la mémoire du monde. Dès lors devenir humain c’est devenir ce lieu. Dans chaque « cadre » il y a le réel ou le peu qu'il est. Il suffit à Philippe Blanc de densifier par endroits l’espace pour souligner  le vide qui est dehors ou dans l’être – puisqu’ici les deux forment un ensemble ténu. Une inquiétude s’installe : c'est la hantise de l’humain et de l'air que nous respirons ou que d'autres respirent afin que le nôtre soit plus agréable.

L'œuvre ouvre donc le monde dans ses diversités.  Le photogrape en crée le relevé. Il retient ici la lumière d'un mur, là celui d'enfants au sourire innocent mais grave. Noce d'aube et de crépuscule. Mais par delà la distance géographique toujours la même intensité. Un émoi particulier surgit sans la moindre trace de condescendance ou d'apitoiement. Demeurent la solitude, la clôture même lorsque l'espace semble s'élargir. En suspens en son milieu : le mouvement imperceptible de silences ou de bruits. Des univers se rapprochent par paliers et s'atteint la proximité de ses bornes.

Restent  à l'artiste le chemin effectué et celui qu'il a encore à parcourir. Contre les terres brûlées de l’absence, contre les territoires asséchés par nos sociétés  la recherche photographique serpente.  Elle épouse les vibrations du monde. Philippe Blanc suggère parfois quelque abri précaire. Mais la force de ton travail demeure lié à une lumière dense d'où pourtant disparaît souvent l'espoir d'un soleil. L'artiste gratte la surface des apparences pour voir au plus près ce qu'il y a dedans : non la chose mais ce qui se passe à l'intérieur. Il suffit de regarder les œuvres pour éprouver souvent la solitude plus que le nombre. Mais résiste "le résidu inéliminable de l'être" dont parle Federman. Celui-là sort du trou de l’ombre pour se “ perdre ” sans justification du côté de la vie. Elle reste la seule ligne d'horizon même lorsque celle-ci semble bouché. Néanmoins  le jour scintille comme un caillot incandescent. Il éclaire l’espace d’un voeu dans les narines du vide.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.