Artistes de référence

Brigitte Baldaquino-Helies


Brigitte Baldaquino-Helies

brigitte baldaquino helies

Né en 1958 au Maroc, Brigitte Baldaquino-Helies vit et travaille à Chamberry en Savoie (France).

Brigitte Baldaquino-Helies : le site


La jeune femme qui descend l'escalier

de Jean-Paul GAVARD-PERRET

Sur le modèle de la Lettre à jeune poète de Rilke, ce livre s’appréhende comme une rencontre différée, une mutuelle invention plutôt qu’un soliloque – sinon à deux voix... Et une visée rédemptrice de celle à qui ce texte est adressé surgit. Par effet retour, elle glisse celui qui parle hors du rien. D’où ce paradoxal corps à corps dans le jeu des espaces d’un côté, et, de l’autre, la vulnérabilité paradoxale des mots au sein d’un « pas de deux » dans ces textes marqués par la danse donc par le corps. Le recours à l’éloignement n’est pas là pour offrir une version nouvelle du fétichisme de celui-là. L’écart créé éloigne des rapports humains contemporains qui s’évanouissent dans la consommation d’une chair provisoirement offerte. Il peut donc exister un goût clinique de l’amour bien fait, un goût du lisse qui forge une relation au sein de la distance. Elle n’est que la conscience aiguë d’un respect essentiel, un point de vie par effet d’empreintes des blessures afin que ces dernières s’effacent.

» Bon de commande ( prix : 10,00 €)
» Editions du Cygne

Brigitte Baldaquino-Helies &Co : accumulation/perception.

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

« Suite de l’à faire », Brigitte Baldaquino-Helies et les artistes élèves de l’option arts plastiques du Lycée du Granier La Ravoire, Savoie, Galerie du Larith, Chambéry. Du 8 janvier au 7 février 2009.

 

 

 

brigitte baldaquinoAvec passion et prosélytisme Brigitte Baldaquino-Helies poursuit une œuvre personnelle et collective avec ses élèves d’options arts plastique au lycée du Granier en Savoie. Artiste et enseignante  exigeante, son didactisme n’apparaît que très discrètement et insidieusement dans l’exposition « suite de l’à faire ». Le titre lui même indique bien le choix esthétique qui préside à ce travail expérimental proche dans l’esprit et la structure des jeux de piste d’Annette Messager. Ne bénéficiant pas de l’espace dont l’héritière de l’Hourloupe jouit, Brigitte Baldaquino-Helies rompt cependant toute frontalité de regard par des assemblages radicaux dans lesquels le bas et le haut, le dehors et le dedans sont remis en question. L’artiste n’a cesse de mettre en évidence la choséité de l’art comme celle des choses car si sans le réel il n’est pas d’art, sans art il n’est pas de réel.

L’enseignante et ses élèves créent un système de re-présentation où la prédilection pour les matériaux ordinaires est mis au service d’une pratique qui (en apparence mais en apparence seulement ) bannit le savoir faire. C’est sans doute là l’aspect le plus évident de la connivence entre Annette Messager et l’artiste savoyarde et ses élèves. Mais l’ombre sans doute inconsciente du mari de l’artiste (Helies) n’est pas loin. Ce dernier pousse l’art vidéographique et l’installation en un point majeur qui clôt la première phase de l’histoire du vidéo-art du moins tel qu’un Bill Viola l’avait investi. Mais là où Heliès déblaie, B. Baldaquino-Helies " remplit " dans une sorte de renversement des rôles et des genres. L’un s’intéresse plus à l’image, l’autre plus à la chose. Mais la philosophie expérimentale reste la même : stigmatiser dans une pratique volontairement ludique les déterminismes dont tout artiste hérite sur les sentiers de sa création.

Le collectif pédagogique de l’artiste incessamment renouvelé tend à créer un processus de formation d’une personnalité sociale artistique des plus intéressantes . Et dans ce qu’il offre au regard de façon insistante ou  dans ce qu’il cache, le collectif de B. Baldaquino-Helies met à l’épreuve notre faculté de jugement. Il cherche et pose les questions essentielles inhérentes à l’art : que doit-on retenir des données du monde ? A quoi faut-il s’identifier ? Quelle part de soi même faut-il préserver ? Quel modèle adopter ? Questions auxquelles l’artiste pédagogue répond dans son œuvre comme dans son travail d’analyse au large spectre de modalités. Il est toujours intéressant d’en parcourir le plus possible afin de saisir l’articulation des données formelles.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature, J.P. Gavard-Perret enseigne la communication à l’Université de Savoie (Chambéry).
Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett.
J.P Paul Gavard-Perret poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.