Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Bud

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Contrats du monde de l'art
de Véronique Chambaud.

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière .. ... » la suite


Art et Fiscalite, Droit Fiscal de l'Art 2011
par Véronique Chambaud

Cet ouvrage, entièrement mis à jour, donne les repères indispensables pour comprendre et utiliser le droit fiscal de l'art. Il clarifie les problématiques de la fiscalité du marché de l'art et examine les obligations et impositions des intervenants culturels, tant professionnels qu'amateurs. Il présente les mesures de soutien à la création artistique et en évalue l'incidence sur le statut fiscal des artistes selon leur spécialité (plasticiens, photographes, graphistes).
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BUD : CONQUES HARDIES ET COQUES EN PÂTE

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

Aux barrés d'ocre noire, aux adeptes des cérémonies délétères, aux rabbins à chaussettes, aux muftis cornus, aux curés pêcheurs Bud offre sans doctrine - sinon celle de la santé et du sourire - ses vierges  approximatives et ses filles de joie qui n'ont jamais si bien porté leur nom. Leur sexualité va de dedans au dehors est un régal. Elles permettent non seulement de se rincer l'œil mais de se vider la rate de son foutre biliaire. Il faut donc entrer dans les distillations  numériques de celui qui donne à nos fantasmes toute l'ironie qu'ils méritent. Il permet aussi de laisser apparaître et  comme disait Artaud "notre vraie nature, notre  génissetalité"  par la vision de mont de vénus aussi charnel que guerrier, aussi philosophale que lumineux. Il est ici jusqu'au sexe féminin  épilé plus à la palette graphique qu'à la cire de sourire pour se moquer de ses voyeurs.

Jouant de poses hardies, éliminant tout sauf le superflu Bud en parfait foutriquet fait de ses femmes tout sauf de simples objets de décharge ou de vulgaires bécasses. Elles deviennent des polissonnes voraces amoureuses des étoiles, des hirondelles basses qui refont le printemps, des cygnes au trognon blanc plus que viande à piton. Certes Bud nous incite à les honorer de vilaines pensées. Car pantins nous sommes, pantins nous resterons, adorateurs du rut rêvant de glisser le brandi dans chaque hure. Mais ici du porc épique et de sa Sainte Charcuterie il ne reste pas grand chose. 

Des fesses comme mappemondes se tapent une bonne tranche de rire tandis que nous reluquons leurs jambons propres à diverses pamoisons. Mais tel des gars de la marine d'eau douce nous sucreront les fraises  avant de glisser notre truite en ces crucions. Les nymphettes propices en courbettes  ne font que remiser à Fort Braguette ce qu'on aurait préféré vouer à d'autres cachettes que Bud ne se prive pas de montrer. C'est moins  tombal que velouté. C'est volupté de valseur valsant. Mais pour le fun. Car si on aimerait souquer, sabrer, crapuler, déglutir, masser le croupion,  saliver le point G, H, I, J jusqu'à X, presser, barbarer, recter, ensevelir, operculer, vermisser, reluire, turgescer, funambuler tout n'est que partie montrer. Voir n'est pas jouer..

En conséquence Bud nous referait presque le coup des calendriers pour routiers made in USA des années cinquante. Mais  avec ses égéries  la rentabilité du transport aurait sans doute bougrement du plomb dans l'aine. On imagine les gros bras jambonner, membruner, avagardneriser, liztaylorer, sphérer, vicer, souillonner, hilarir et clintonner plutôt que de mettre des miles entre leur rêve et la réalité.  Il n'empêche que Bud ne cesse de nous harceler de ses solitaires qui noient le narcisse ascète à Sète (ou ailleurs), de celles qui n'ont pas leurs seins dans leurs poches, de ses tricoteuses de noeuds et de ses faufileuses, de ses pros du pot,  de ses veuves de guère ou du clito,  de ses égland-tines et ses tireuses d'élytre, de ses mateuses de lombric,  de ses Marie-Madeleine de Commercy, de ses visiteuses du soir comme de ses endimanchées de Ville d'Avray ou de ses ramoneuses savoyardes.

Toujours est-il qu'à travers elles et pour notre plus grand délice Bud nous rend schizophrène. Comme lui on partage le monstrueux péché de la chair sans coup férir sous prétexte que ses images  ne sont que des caricatures. Et quoiqu'on  se sente écarté des faveurs des graminées des gamines on ne résiste pas à leur rose qui tache. Par leur sourire on devient voyant myope, on rosit comme un porc. Certains éprouvent à travers elles les velléités du couchant  d'autres y découvrent les apothéosees de leur premier lapsus.

 

Toujours est-il que Bud cultive la seule ironie. Celle qui peut se lier au plaisir et s'éloigne de toute grossièreté. Loin du trop simpliste érotisme et de ses impostures il évite au voyeur de se prendre au sérieux. Il évite tout autant la défroque et la soutane qui permet d'accorder aux juges et aux curés une hâtive reconnaissance. Seule l' ironie du sexe est digne. Elle rappelle que la vie n'est pas qu'un bol de cendres mais  une sacrée belle paire de cuisses. Ce sont elles qui rendent le reste supportable. Penser avec son sexe remet ainsi parfois le cerveau à sa place. Caresser l'obscène peut suffire. La naissance ayant signé notre condamnation restons le plus libre possible en attendant notre exécution. Allez Bud remettez-nous ça !

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.