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Cathy Garcia
Pour être autorisé à faire quelque chose, il faut l’avoir déjà fait. Où finit l’autorisé ? Où commence le faire ?
Rien. Serait-ce l’accomplissement suprême ? Le rien, le vide, pro-matière, n’est-il pas la source originelle de toute énergie ? Contenant et contenu, énergie inépuisable du Tout. Mais ne nous égarons pas. Il faut pouvoir prouver ce que l’on est. Il faut légaliser ce que l’on fait. Sinon on est hors. La loi. Du monde. Mais en soi ? Pour être intègre, il faut se désintégrer. Pour s’intégrer, il faut lécher combien ? Combien de centimètres les incisives ? Je SUIS, toujours avec cette désagréable sensation de n’être pas en règle. Déréglée, hors du temps, avec le temps absolu comme démesure. Le but n’est qu’argent. Tout est bon pour faire de l’argent. Le bon faire c’est faire de l’argent, Le reste est fainéantise, parasitisme. L’art qui fait de l’argent La culture qui fait de l’argent La littérature qui fait de l’argent L’humain qui fait de l’argent Est reconnu utile. L’art, la culture, la littérature, l’humain sont inutiles. Seul l’argent leur donne consistance. Que faites-vous dans la vie ? Mais que fait la vie en moi ? .../...
» lire la suite surdu poème écrit en 2008
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GRIBOUGLYPHES DE CATHY GARCIA
par Jean-Paul Gavard-Perret
En effet, et lorsqu’elle ne peut plus écrire Cathy Garcia reprend ses « gribouglyphes » (qu’on peut appeler aussi des « grafficoloriages ») pour respirer. C’est pourquoi elle ne se considère pas comme une artiste « professionnelle ». Pourtant elle peut en remontrer à beaucoup de ceux et celles qui se prennent pour tels. Par ses gris brouillages elle embue de couleurs et de taches les figures du dehors pour en consumer le vernis jusqu’à la transparence. Ils créent des no man’s land qui ne laissent rien perdre de l’absence qu’ils retiennent.
A travers de tels « petits » travaux faussement sans importance, l’artiste nie la neige et retourne aux terres noires. Dans la nudité de la blancheur elle fait sourdre ses angoisses avec les nôtres afin de créer ,au delà même de la joie, ce que Ponge nommait l’ « Objoie » à savoir le lieu où le plaisir de gribouiller devient orgasme.
De manière moins naïve qu’il n’y paraît, Cathy Garcia nous joue avec ses images découpées dans le temps. Elle devient la voyante par intermittence de l’art sans nous rendre forcément voyeurs. Mais nous voilà piégés. La poétesse devenue soudain la taiseuse, reste l’intruse qui sait que les mots ne résolvent rien et qu’il faut parfois en passer par le dessin.
A travers lui elle montre l’envers des mots, scanne leur pénombre. Dans les brèches de ses images se découvrent des moments, des lieux retirés de l’être. Et celui qui regarde grelotte sans qu’il puisse savoir si c’est de froid, de fièvre ou de peur.
Cathy Garcia, perfide, répond « ça fait ça quelquefois quand on a mal dormi ». On fait semblant d’accepter son verdict. Plus tard on sort boire un Vermouth dans un bar Italien. On n’ira pas plus loin. Il nous faut faire demi-tour pour retrouver les « gribouglyphes ». Ils nous entraînent comme si nous devenions un enfant ou un vieillard qu’il convient brusquer un peu, « pour son bien ». De telles images bien calées entre les mots et le silence représentent un secret aligné « à notre main » par la main de Cathy. Elles les invente après le crépuscule, quand toutes les âmes ayant perdu leur blondeur d’épi sont grises comme des chats dans la nuit.
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr
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| Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret
est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie.
Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à de nombreuses revues. |
BIBLIOGRAPHIE de Cathy GARCIA
MYSTICA PERDITA, éd. A Tire d’Ailes 2009, papier recyclé, 40 pages, illustrations originales de JL Millet, présenté par Werner Lambersy
KELTIA CANTORUM, Ed Zen Evasion 2008, Gwerz de Jean-Louis Millet (auteur) et paléoglyphes de Cathy Garcia (illustratrice), tirage limité.
NOUVELLE HISTOIRE DE LA CHEVRE DE MONSIEUR SEGUIN (conte) éd. A Tire d’Ailes 2008, papier recyclé , 17 pages, illustration originale n&b de Michèle Martinelli en couverture
CHRONIQUES DU HAMAC, éd. A Tire d’Ailes 2008, papier recyclé, 96 pages, préambule de Michel Host (Goncourt 1986)
OMBROMANIE, éd. Encres Vives, coll. Encres Blanches, décembre 2007, présenté par Pierre Colin, collage n&b de l’auteur en couverture
SALINES, éd. A Tire d’Ailes, 2007, papier recyclé, 44 pages, illustrations originales nb de Katy Sannier, postface de Michel Host
LES ANNÉES CHIENNES – Série autodigestion, éd. A Tire d’Ailes, 2007, papier recyclé, 52 pages, illustrations originales nb de Marie Bouchet.
JARDIN DU CAUSSE, éd. à tire d'ailes, décembre 2004, papier recyclé, format b5, 112 pages, Préface de Mireille Disdero, poète et romancière, présentation par Patrick Devaux, poète belge – Illustrations originales n&b de Joaquim Hock, peintre et dessinateur belge également.
GRIS FEU chez Ambition Chocolatée et Déconfiture (Collection de poésie, numéro 1, 2003). 13 poèmes avec une illustration n&b de Blandine Jullien.
CALEPINS VOYAGEURS - Journal intime en tournée 1997/2002 plus quelques poèmes, sur le cd-rom L'EXORCISME DU SABLE (Pourquoi toujours dans le désert ?) du poète Christian Erwin Andersen aux Ed. Profana Bellica 2003 (Belgique)
PAPILLON DE NUIT, présentation par Marc sastre, Ed. Clapàs dans la collection Franche-Lippée 2001
FRAGMENTS DE TOUT ET DE RIEN, Editions Clapàs, Collec. Les Ami(e)s à Voix 2001
PANDEMONIUM 1, Editions Clapàs, Collec. Les Ami(e)s à Voix 2001
ANTHOLOGIES :
L’IVRESSE, Les Adex, concours 2007
NOUVEAUX POETES FRANÇAIS ET FRANCOPHONES (JP Huguet éditeur - 2003)
La rumeur des choses, DESS Edition de la Sorbonne 2003.


