Artistes de référence

Cecile Tauvel Bonne


Cecile Tauvel Bonne

cecile tauvel-bonne

contact : cecile.tauvelbonne@free.fr


La jeune femme qui descend l'escalier

de Jean-Paul GAVARD-PERRET

Sur le modèle de la Lettre à jeune poète de Rilke, ce livre s’appréhende comme une rencontre différée, une mutuelle invention plutôt qu’un soliloque – sinon à deux voix... Et une visée rédemptrice de celle à qui ce texte est adressé surgit. Par effet retour, elle glisse celui qui parle hors du rien. D’où ce paradoxal corps à corps dans le jeu des espaces d’un côté, et, de l’autre, la vulnérabilité paradoxale des mots au sein d’un « pas de deux » dans ces textes marqués par la danse donc par le corps. Le recours à l’éloignement n’est pas là pour offrir une version nouvelle du fétichisme de celui-là. L’écart créé éloigne des rapports humains contemporains qui s’évanouissent dans la consommation d’une chair provisoirement offerte. Il peut donc exister un goût clinique de l’amour bien fait, un goût du lisse qui forge une relation au sein de la distance. Elle n’est que la conscience aiguë d’un respect essentiel, un point de vie par effet d’empreintes des blessures afin que ces dernières s’effacent.

» Bon de commande ( prix : 10,00 €)
» Editions du Cygne

Cecile Tauvel-Bonne: tisser dit-elle.

par Jean-Paul Gavard-Perret

Cecile Tauvel Bonne, Tapisserie Contemporaine d’Aubusson, Maison de la Poésie, Annecy. Jusqu’au 3.1.09 .

cecile tauvel-bonne La tapisserie nous travaille au corps même si nous n’en savons rien. Pas question avec elle – et paradoxalement – de faire tapisserie. Elle nous reporte au geste primitif que Cécile Tauvel reprend à son compte en laissant toujours visibles le « nœud » pour donner à ce qui est plat une certaine voluminosité. Le rite le plus humble (celui de la couture) devient un geste sacré en menant sur le monde une enquête « filée ».

On peut donc définir la tapisserie par son activité. C’est en effet pour Cecile Tauvel Borne une forme d’existence et de langage. Seule cette interaction transforme la tapisserie en une pièce qui devient bien plus qu’un ornement, une parure, un « luxe ». En une telle approche cet art « dit » bien plus que la figure qu’il représente. Et pour une raison majeure : le point y fait la figure et non la figure le point. Et une telle définition de la tapisserie ne l’enferme pas dans une totalité elle est au contraire ce qui lui reconnaît son infini.

Ce qu’on appelle l’indicible de l’image conçue par le tissage est exactement le travail d’une tapisserie : être ce que le corps de l’artiste fait au langage par le tissage. La tapisserie est d’abord ce travail et ensuite celui sans fin pour le reconnaître. Cela n’est pas simple mais donne l’exacte répartition entre celles et ceux qui « faisant » de la tapisserie font tapisserie (ornement, joujou, simili)) et celles et ceux qui comme Cécile Tauvel Borne la métamorphose en un langage universel et une forme de poésie de tension et d’énergie.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature, J.P. Gavard-Perret enseigne la communication à l’Université de Savoie (Chambéry).
Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett.
J.P Paul Gavard-Perret poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

Cécile Tauvel-Bonne a installé son métier à tisser à Saint-Paul-de-Vezelin depuis plus de vingt-cinq ans. La tapisserie d'Aubusson sur métier de basse lisse est sa passion. Elle crée et réalise des tapisseries contemporaines très graphiques, parfois inspirées de l'art copte, pré-colombien, mésopotamien. D'autres traduisent d'une façon symbolique, des tranches de vie, des coups de cœur mettant en scène une émotion spontanée à travers un subtil mariage de couleurs et de formes.