Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Christo

Mirondella
galerie d’art en ligne

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Exposition permanente

Expositions thématiques

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Art-thérapie : La peinture qui guérit
Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie. C'est dans une approche multidimentionnelle de l'être humain, une approche moins fragmentée de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité, que l'on peut retrouver la joie en nous, l'élan vital qui guérit le corps et l'esprit, conduisant à notre véritable " moi ".
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CHRISTO : OVER THE RIVER OU LE CREPUSCULE DES DIEUX

par Jean-Paul Gavard-Perret

Pour son nouveau projet prévu en 2014  Christo va déployer des panneaux de toile suspendus horizontalement très au-dessus du niveau de l’eau de la rivière Arkansas. Ils suivront la configuration et la largeur du cours changeant de la rivière, pendant une période de deux semaines et sur une dizaine de kilomètres. Le projet est à la fois cher et compliqué. L’artiste pour l’autofinancer entièrement fait le tour du monde en vendant les dessins et plan de ce projet tout en continuant les tractation pour obtenir de l’état du Colorado et du “Bureau of Land Management”  l’agrément  sur l’Impact Écologique (EIS)  pour la mise en place du plan de construction de deux ans. Des câbles d’acier, ancrés sur la partie haute des berges de la rivière, la traverseront et serviront de points d’attache pour les panneaux de toile.

C’est après avoir parcouru près de 23000 km dans les Montagnes Rocheuses au début des années 90  Durant ces voyages que Christo,  son épouse et leur équipe a examiné 89 rivières dans les Montagnes Rocheuses, dans 7 Etats différents et six lieux possibles ont été découverts. Après avoir revu les 6 rivières durant l’été 1996, la Rivière Arkansas a été  retenue. Des recherches aérodynamiques ont été conduites par les ingénieurs dans une soufflerie  et sur le site. Les panneaux de toile tissée, cousus à l’avance et munis de rangées d’oeillets sur les bords perpendiculaires à la rivière, créeront des vagues chatoyantes. Vu par en dessous au niveau de l’eau, la toile lumineuse et translucide révèlera les contours des nuages, des montagnes et de la végétation. Vu de dessus elle créera une écharpe blanche venant déranger – mais à bon escient – le paysage naturel.

Le voile va une nouvelle fois crée le mythe par sa capacité non à cacher mais à déplacer le regard. L’artiste fait tarir l’objet. Ou le lieu. Comme dans le cas de son projet sur la rivière Arkansas.  Pour celui-ci des panneaux de toile seront suspendus horizontalement très au-dessus du niveau de l’eau et  suivront la configuration et la largeur du cours de la rivière sur plus de dix kilomètres. Cette longue  écharpe parfois  interrompue pour des raisons esthétiques ou pratiques (présence de  ponts, rochers, arbres)  créera à une serre qui sous l’effet d’ombre initié accentuera sur ses bords de nouveaux jeux de lumière et une nouvelle vision du paysage par dessus comme par dessous.

Christo va permettre une nouvelle fois au regard de se tordre dans une « malrencontre ». La vision se trouve altérée par l’écran textile et comment le paysage de canyon se décompose. Celui qui regarde en descendant la rivière possède soudain ce que Lacan dans un de ses nombreux  glissements de mots nomma « un regard à mère par effet poisson »… Le psychanalyste a raison : la déception première que provoque la stratégie artistique entraîne l’empêchement de la vision habituelle et donc une déception.  Toutefois, privé de ses habituels repères, peu à peu le regardeur se sent heureux. Heureux comme un poisson dans l’eau !

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.