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Jacques Clerc

Jacques Clerc
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Artistes : 1001 conseils
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de Céline Bogaert

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JACQUES CLERC : DEPEUPLEMENT DE LA REGION HUMAINE
par Jean-Paul Gavard-Perret




Graveur et sculpteur Jacques Clerc ne cesse de se frotter à des "lambeaux" mais vers une sorte d'utopie de la vision. D'où la nécessité de cet échange entre la matière et l'image ainsi que l'intensité d'une attention aux choses et à l'espace par ce qui devient une "méthode" paradoxale de construction du réel qui fait abstraction naturellement des idées reçues et de toutes conventions. L'artiste met à nu le monde en des opérations toujours peu ou prou "expérimentales".

Pour lui l'être est un spectre et c'est donc bien en tant que spectre, qui nous voit sans être vu, qu'il doit être pris, qu'il doit être vu. Pour rendre compte de cette "spectralité," il faut sans doute les transferts que Jacques Clerc propose. Par ses diverses techniques et leur minimalisme le monde est saisi dans un dénuement Sculptures et gravures donnent une vision taciturne mais pourtant ardente et apaisée. Les couleurs - diaphanes le plus souvent - et les formes demeurent parcimonieuses procurent des émotions lancinantes voire une forme de sidération par les interrogations qu'elles suscitent.

Elles marquent une obsession, une hantise de l'entrave dont le créateur veut libérer ses œuvres. Comme s'il voulait réparer le trauma d'une époque qui croule sous les images aussi répulsives qu'attirantes et attractives mais entraînent vers un lieu d'enfermement, d'impossible séparation entre le réel et sa représentation. A l'inverse ses épures permettent de penser l'être, son rapport à l'autre, au monde en une concentration source de "simplicité" - ce qui reste le plus difficile dans l'art et qui demeure l'apanage des grands maîtres.

A ce titre l'artiste il pourrait faire sienne la phrase de Braque : "une toile blanche ce n'est déjà pas si mal". Chez Jacques Clerc c'est même bien, car à la fin il faut toujours revenir à l'essentiel : l'image primitive et sourde. Jamais loin du presque rien l'artiste atteint ainsi une sorte d'essence et de clarté par ce dépouillement majeur là où l'art semble se dérober mais résiste pourtant de manière essentielle. En se sens sous l'apparente banalité se cache ce qu'il y a de plus fantastique, comme il est fantastique, si l'on accepte d'y penser un peu, de posséder un nez et deux yeux, un nez entre les deux yeux. Mais l'œuvre sort de la psyché qui n'est rien d'autre qu'un tombeau.

En résumé chez Jacques Clerc l'image n'est pas l'apparence, elle n'est pas un rêve trouble non plus. Elle est un paradoxal déni. Surgissent une effraction, une violation de sépulture à travers lesquelles monte la lueur d'une vérité innommable au seuil de l'obscur et de la clarté, du dehors et de dedans. Opaques comme le marbre des tombeaux, translucides comme l'ambre, les oeuvres de Clerc plus qu'enfermer dans une antre funéraire, flambent de ce qui n'est pas la lumière exactement mais la lueur du vivant. Et ce même lorsque sa présence fait défaut ou n'est que suggérée. Existe donc le rythme visuel de l'arrêt et du passage, du levant et du couchant, du devant et du dedans.

Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.