CHARLOTTE COMBE : LE SU ET L’INSU
L’INTIMITE APPRIVOISÉE
par Jean-Paul Gavard-Perret
Sortant la photographie du cliché Charlotte Combe la métamorphose par ses techniques mixtes. Ses œuvres deviennent d’étranges bouquets composites aussi naïfs que compliqués. Rien de pittoresque ou de l’anecdotique pour autant. L’artiste crée des réseaux capables de rentoiler les souvenirs et de capter le temps pour les rapatrier vers un lieu de signes qui engendre un imaginaire et une profondeur particulières à ce qui est offert au regard.
Par un travail de fond et une technique éprouvée la photographie devient un moyen de fomenter divers types d’intrications dégagées de la tentation de l’exotisme nostalgique comme du raffiné pour le raffiné. Seules restent des traces qui ne sont pas portées par un sujet (celui du portrait) mais par une langue qui distingue la prise originale du déjà vu en nous ramenant là où s’ébrouent les multiples avatars plus d’une forme de désirs que d’une mémoration passéiste.
Charlotte Combe saisit celle ou celui qui lui fait face dans la photographie au sein d’un jeu de piste dont on connaît ni le point de départ, ni celui d’arrivée. L’œuvre ne mène pas où l’on pense accoster. Sous l’apparente simplicité émane une charge poétique rare sans que l’on puisse dire de quoi les œuvres portent la trace. D’amours, de blessures et de joies peut-être. Le tout s’en doute avec parfois une pointe d’humour. L’artiste sait cacher ce qu’elle feint de monter. Dans ces ensembles tout est à la fois cadré et décadré. Et il faut regarder avec attention des œuvres où le moindre indice risque des aventures entre absence et présence.
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr
| Jean-Paul Gavard-Perret Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.
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