Artistes de référence

JL Curabet


JL Curabet

Artiste reconnu, JL Curabet est aussi un "combattant des arts" à l'origine de multiples initiatives pour promouvoir l’art, la culture et les artistes, dans sa région d'origine, la région des trois frontières (France, Belgique, Luxembourg) mais aussi bien au-delà. Il fonde notamment, avec quelques autres, l’Association de la « Galerie Art Zoom »

JL Curabet est un artistes aux multiples talents.
Styliste pour les célèbres « Émaux de Longwy », il permet à la création sur céramique de connaître une renaissance inespérée.
Expert, il est appelé à faire partie de jury de salons significatifs comme, entre autres, le Salon international d’art contemporain de Libramont (Libr’Art) en Belgique ou le Salon international d’art contemporain de Québec au Canada…
Artiste peintre, de grandes galeries le représentent et il est invité de nombreux salons d'art contemporain en Europe et et en Amérique.

JL Curabet : le site (voir aussi "My Space")


JL Curabet : sens dessus dessous

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

JL Curabet est né en 1962 à Longwy. Peintre, styliste et concepteur de mobilier contemporain français. Après avoir travaillé avec des émaux et de la céramique, dans un langage plutôt figuratif, il évolua vers une expression particulière, toujours à la limite de l'abstraction, montrant un coloris spectaculaire. Ses thèmes sont des sentiments et des figures humaines, plus précisément féminines. Elles sont exprimées avec une fluidité extrême dans un monde imaginé et imaginaire, créé par le peintre-alchimiste. Depuis 1993, il a exposé fréquemment au Luxembourg, en Belgique et en France. Il a, ensemble avec Thierry Cordier, élaboré un CD ROM, alliant la musique et les arts graphiques. .

L'artiste nous propose ainsi ses peintures comme des lieux pour perdre l'espace, pour d'une certaines manière le réfuter, en renverser toutes les coordonnées usuelles. C'est ainsi qu'au commencement, pour lui, est le black-out. Mais à l'inverse de ceux dont la mémoire s'est volatilisé Curabet fait le forcing afin de remonter à l'origine du trauma existentiel qui signe le sacrifice à l'identité,. Sa peinture par ses glissements n'est là que pour purger la mémoire obstruée afin de faire surgir des nouveaux "visages", de nouvelles voies afin pour que le passé renaisse débarrassée de ses miasmes. Dans une ère du soupçon l'artiste propose donc que la réalité chavire mais il s'engage aussi à sa reconstruction qu'il opère sur le mode de la transposition, dans une discontinuité de rêves, d'apparitions, de visions qui échappent de plus en plus au diktat de l'anthropomorphisme.

Entre l'exhaustion quantique du monde et son irrésistible et insaisissable continuité, sa peinture, tel un quasar de matière, devient l'onde qui irradie le réel mais en le mettant sous tension en n nœud de souvenirs, synapses vibrations sous contrôle au sein d'un projet où des sortes de lueurs apparaissent, disparaissent à la fois sans cesse modifiées et régénérées. L'oeuvre devient un fleuve iconographique avec ses ressacs, un voyage au long cours charriant un amas de particules colorées, un paquet de sensations et une monade. C'est ainsi que le réel s'impose par fractions, incalculable, sur-formé et modulable en une sorte de vertige. La question du réel ne peut donc se poser pour Curabet que sur le mode de l'apparition : l'artiste sait en effet que - comme chacun de nous - il ne voit que ce qu'il veut voir et qu'il porte en, lui-même sous formes d'incarnations, génératrices d'épiphanies, rôles tenus par les objets vivants, ses semblables. Le peintre est donc l'assassin occasionnel dont le meurtre n'a rien d'un fait divers mais d'une apparition onirique, apocryphe, irréelle par définition : homme sans visage, sans image, chevalier sans tête.

Sur ses toiles, les potentialités se débattent avec l'arrogante matérialité de l'espace. Curabet part à la recherche de ce qui pulvérise le vulgaire enchaînement des causes et des effets. Black-out, soleil noir, plexus causal. Et si la mémoire amputée ne peut offrir que sa présence inquantifiable et souveraine celle du peintre permet d'identifier l'enfer ». Aussi à la fameuse question de Bellmer « Ai-je besoin de monstres pour illustrer la déficience humaine ? ». Le peintre répond par sa tentation esthétique et quantique. Elles se rejoignent en un point qui gravite autour du sens à la fois un et grave, un et pluriel. C'est la surrection contre l'amorphe, qui ne se satisfait plus de l'esthétique et des inventaires. Ne reste alors que l'apparition, le suppôt de la vérité clignotante. Le peintre suggère l'existence d'un passage qui mène de la solitude vers le monde, et donc vers le réel. Surgit le hors-temps du mythe : c'est peut-être davantage un surpli, le temps de l'épiphanie, une puissance qui multiplie le sens et en même temps l'égare. Pour nous rappeler que nous sommes sur le mode de l'attente, de l'apparaître. En une telle œuvre l'empreinte picturale à la fois développe et renverse. Elle sait aussi se développer - sans doute pace que l'auteur fut concepteur de mobilier et surtout céramiste - se développer organiquement à partir d'elle-même, c'est-à-dire s'inverser, se renverser perpétuellement dans son flots de mouvements et de couleurs. En peignant Curabet met évidemment l'espace sens dessus dessous par effet de surface.

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature, J.P. Gavard-Perret enseigne la communication à l’Université de Savoie (Chambéry).
Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett.
J.P Paul Gavard-Perret poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.