Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Rose Dalban

Rose Dalban

» la page Mirondella -  le site


Guide juridique et fiscal de l'artiste :
s'installer et choisir son statut,
promouvoir et protéger son oeuvre

de Véronique Chambaud

Véritable vademecum de l'artiste, cet ouvrage s'adresse à tous les peintres, graphistes, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui souhaitent vivre de leur création. Cette 4e édition, entièrement actualisée, apporte des réponses claires et documentées aux questions juridiques, fiscales ou sociales que se posent les artistes pour : s'installer (statut juridique, choix d'un atelier, aides, obligations, statut social, impositions) ; vendre (détermination du prix, facturation, recours en cas d'impayé, vente en galeries, en salles des ventes, sur lnternet) ; tirer parti de la législation en matière d'oeuvres d'art (mécénat d'entreprise, dation, exonérations fiscales, TVA) ; s'entourer de professionnels (contrats avec les galeries, agents d'art, attachés de presse, relations avec les commissaires-priseurs) ; se protéger (droits de l'artiste, assurances, protection des oeuvres).

»  disponible sur Amazon

ROSE DALBAN : PAYSAGE - PORTRAIT

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Il y a dans les toiles  d’ombres et (surtout) de lumières de Rose Dalban un retournement. Ses paysages « extérieurs » la regardent comme ils nous regardent : de partout. Les reflets lumineux d’une cascade se concentrent sur l’élément liquide et la  fentequ’ils provoquent au sein d’un cycle bio-tectonique selon lequel tout commencement (la source) est voué à la fin et vice – versa. Chaque paysage dans son « abstraction » renvoie, par  sa centralité, à un  effet anamorphique.  On croit entendre la voix de la nature et devenir le confident de ses opérations les plus secrètes là où le paysage reste angoissant car il ne possède plus de rebord stable. Et se réfugier pour s’en absoudre dans l’assurance qu’il s’agit de toiles oniriques n’est pas forcément rassurant. Du rêve au cauchemar il n’y a qu’un pas.

Dans chaque œuvre de Rose Dalban quelque chose se produit qui n'est pas de l'ordre du simple point de vue. Se constitue une sorte de mise en rêve du paysage mais pour le rébus qui l'habite par l'œil qui se cherche en lui - comme on disait autrefois que l'âme se cherche dans les miroirs. C'est pourquoi chez l’artiste (comme chez les grands peintres paysagistes) deux opérations ont donc lieu en même temps : concentration mais aussi ouverture du champ. Avec en plus un effet de réflexion : le regard s'éprend, s'apprend, se surprend alors que l'œil butinant et virevoltant reste toujours pressé. Il ne lui manque plus ici le poids de la mélancolie et la légèreté de l’émerveillement.

Rose Dalban montre ce qui échappe normalement au regard  : la face interne d'une transformation des éléments naturels. C'est pourquoi ses toiles présentent des plans irréguliers qui compénètrent parfois en prenant en compte la croissance et des sortes de perturbations atmosphériques. A la révélation romantique plus ou moins féerique  succède en conséquence le désir de rapatrier l'œil dans le regard pour témoigner d'une sur-vie et non d’une survivance. A l’inverse des désertificateurs mentaux du géométrisme et d'une certaine  neutralisation l’artiste valorise l’émerveillement à travers l’évanescence et la célébration afin de réinsérer l'être dans sa Demeure naturelle.  Partant d'éléments formels abstraits, dépassant leur association productrice d'êtres concrets ou d'objets, l’artiste laisse émerger un cosmos constitué de formes pour retrouver l’humain dans cette singularité de la re-présentation.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.