Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Yvette Doulcier

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Yvette Doulcier

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YVETTE DOULCIER ET LES CELIBATAIRES

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

La femme rien que la femme. Mystérieuse, chamarrée. En habit de fête plus que de goguette. La femme déguisée pour fêter son célibat - ou le regretter. Mais dans ce cas elle ne laisse rien voir de ses peines – si peine il y a. A travers cette femme Yvette Doulcier démultiplie son portrait mais sans direction préconçue. Advienne que pourra. A chaque toile les couleurs éclatent, la féminité idem. On est pris sous le charme.

Il y a du Lautrec chez celle qui ne se soucie pas des écoles et des modes. Elle fait ce qui lui plaît. Et c’est parfait car il existe chez l’artiste une maîtrise telle que ses tableaux de genre deviennent mystérieux, surréels. D’autant que le plissé du support donne à sa toile une sorte de profondeur. S’y induit l’idée des rides qui viendront flétrir de si beaux corps, de si parfaits minois.

Mais la peinture reste une fête. Elle ignore les tabous. Il n’y a là rien d’empesé, de massif. Bref il y a de la légèreté dans l’air parce que celle-là jaillit d’une peinture ailée. L’artiste illumine ses jeunes femmes de traits sensuels. Le regard s’accroche à des chevelures de rosiers, à des bustiers de rosières, à des cortèges de songes ou à des poissons quasiment ailés. On imagine les regards lubriques des vieillards qui croisent de telles midinettes. Pas sûr que leur mégère apprivoisée tolère de telles peintures dans leur chambre à coucher…

Elles auraient tort. Car Yvette Doulcier fait ressentir l’incomparable saveur des joies et quelque fois des douleurs que la vie apporte à ses égéries comme à chacun. Il nous est donné à voir des œillades se métamorphoser en buisson de cœurs fleuris déjà conquis ou sur le point de l’être. A 25 ans tout est permis.

Chaque tableau devient  l’approche de l’épînoche avec la méduse et les deux poissons d’une de ses toiles ne sont autres que les membres de deux amants enlacés. L’artiste à la chevelure d’allumettes enflammées peut se mettre à rire. Elle sait capter le plaisir et conférer au futile une songerie cérémonielle et festive. Celle-ci se transforme en la moins contestable des réalités. L’artiste vient sans le savoir de réinventer la peinture du plaisir.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

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