Artistes de référence

Françoise Dugourd-Caput

Françoise Dugourd-Caput

la galerie Mirondella
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Collection Palettes , l'intégrale - Coffret collector 18 DVD
par Alain Jaubert

Palettes: une série de films consacrés aux grands tableaux de l'histoire de la peinture.Grâce aux plus récentes techniques de l'animation vidéo , les secrets des images sont racontés comme autant d'aventures dans le plaisir et la découverte. Cette intégrale présente une collection de 50 films , une exploration de 50 tableaux de maître par Alain Jaubert. Disponibles pour la première fois: 4 dvd inédits(Le Caravage , Véronèse, Kandinsky , Bacon...) ainsi qu'un entretien exclusif avec Alain Jaubert sur l'histoire de Palettes. 
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FRANÇOISE DUGOURD-CAPUT  : LE TEMPS INCONTENABLE
par Jean-Paul Gavard-Perret




De la vacance des toiles Françoise Dugourd-Caput invente les moyens d'expression de l’élargissement de leurs périmètres. Dans la surface une forme ovale parfois n’a ni haut ni bas  mais produit par échos une série de figures. Elles sont autant d'appels à la rondeur de la fusion. Elles laissent surgir aussi des bouffées et des libérations d'une émotion altière. Chaque toile crée une fulgurance. Elle suscite la présence par tension et pousse vers le mystère d'une force retenue secrète. L’élan est sa mesure, la vie s‘ouvre (mais parfois aussi se referme) comme une coquille. Passant par ses bords ou ses lèvres un germe éclot.

L'œuvre est celle d'un consentement, d'un abandon vital. Dégagée de toute emphase la peinture devient ailée même lorsqu’elle ploie sous le fardeau d’une solitude autour d’une silhouette à peine esquissée et comme effacée. S’y saisit la vie immédiate qui éclate de la douleur d’absence. Mais elle enveloppe l’ombre fantomale sous un magnificat de la lumière. De chaque toile émanent une tendresse et des émotions inexprimables.  L’artiste efface les aigus. Infidèle aux signes de la postmodernité elle préfère se perdre dans des lieux moins marqués par le temps mais voués à sa déformation. Dans un faux déclin on y croise des déesses. Elles s’appuient sur des toiles qui deviennent leurs  bassins. Et l’artiste fait éprouver un besoin de grandeur : celui du plus élémentaire savoir que seule la peinture peut offrir.

Chez Françoise Dugourd-Caput demeure une extrême pudeur de tons même au sein de la violence. Tout est montré par affleurements et touches de lumières. Quelques-uns unes suffisent pour que dans le jeu de l’élasticité la peinture devienne fable. Jamais une pointe de trop. Et chaque toile devient non une contemplation mais une remise en route du temps qui a pignon sur nous  puisqu’il  renvoie  à ce que nous sommes : de passage. L’artiste le parcourt. Ses toiles en sont des stations provisoires. La lumière y éclate, l’air y tremble d’être un commencement perdu mais afin que surgisse un soulagement. L’artiste crée donc l’espace de méditation afin que nous prenions conscience de qui nous sommes à l’épreuve du temps. Elle sait que le temps ne vient pas au monde mais le temps au monde en chacun de nous comme en chacune de ses toiles.  Les uns et les autres le commencent. Provisoirement.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.