Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Odile Escolier

Mirondella,  
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Odile Escolier

Odile Escolier : le site


Le musée invisible. Les chefs-d'oeuvre volés.
de Nathaniel Herzberg

C'est le plus grand musée du monde, sans doute le plus riche aussi. Pourtant, personne ne peut en admirer les trésors. Les oeuvres qui forment son exceptionnelle collection ont toutes été volées, et jamais retrouvées.

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LES SENTINELLES D’ODILE ESCOLIER

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

escolier odileAprès ses premiers travaux à l'aquarelle Odile Escolier a trouvé dans les encres, le pastel puis l'acrylique, les pigments et les collages sur toiles ou papiers de grands et petits formats l'espace d'un d'étrange voyage. Nous y accompagnent  souvent des nomades aussi immobiles que mouvants. Ils deviennent des sentinelles égarées mais plutôt paisibles et bienveillantes au sein de déserts des Tartares. Ces gisants debout  sont cadrés de manière relativement proche, sans horizon. Si bien que leurs silhouettes évoquent à la fois des créatures piégées devant un fond bistre et des mouches collées sur une vitre. Ces personnages semblent accepter leur sort en se démarquant d'un tel décor - aussi neutre que suggéré - par des effets de matière. Leurs présences fantomatiques  deviennent des structures en quasi-relief lorsque l'artiste travail le pigment épais et la matière dense. Et si les encres témoignent d'une technique plus « plate » elles permettent à travers leur fluidité de faire surgir un rythme. Mais dans les deux cas, ces sentinelles semblent portées par la fatalité de leur destin sans s'inquiéter outre mesure comme si elles témoignaient de la condition humaine.

Dès lors et afin de mieux entrer dans les tableaux d'Odile Escolier il suffit de garder en soi la conscience de vivre dans un monde d'énigmes auxquels  l'artiste répond à travers les propres énigmes qu’elle nous tend. Ses silhouettes parfois comme effacées, mais parfois presque monstrueuses et inquiétantes, à la limite de l'animalité ou du démoniaque en font des errants de l'Enfer de Dante. Est-ce nous ces fantômes, sont-ils autres que nous ? De quels fonds sont-ils venus ? Ne seraient-ils pas la conscience de notre propre être aussi hagarde que réfléchissante ? Telles sont les questions qu’une telle œuvre pose et impose. On ne peut donc pas faire l'impasse dessus.

D’autant que chaque tableau ne naît pas d'un concept, d'un plan. Il naît d’une confuse exigence : une ligne germe, une autre s'enferme, une autre encore renonce jusqu'à former des êtres soeurs et frères venus d’un lieu tenu secret et pour retourner peut être au ventre humide de la terre-mère d'où ils sont à peine sortis. Odile Escolier arrive aussi à marquer de ses empreintes de couleurs les effluves qui circulent entre eux. Elle peint l'être en dehors de lui, elle peint son espace de survie. Dans l'espace muet s'accomplit un monde qui n'est plus à faire mais à défaire. Un monde d’ectoplasmes et de pénitents ravagés faisant de leur être une présence lamentable, nécessairement lamentable. Et c'est là l'essentiel. Ne pas faire dans le beau mais monter du vrai.  Entre les lignes qui font masse, celles qui se promènent et d'autres plus voyageuses encore car allusives et  pénétrantes le spectateur est amené à chercher désespérément sa propre issue :  non où cela mène mais où cela va. La différence est importante.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

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