Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Dominique EVRARD

Mirondella
galerie d’art en ligne

;

Exposition permanente

Expositions thématiques

candidature : info@arts-up.info


Art et Fiscalite, Droit Fiscal de l'Art 2011
par Véronique Chambaud

Cet ouvrage, entièrement mis à jour, donne les repères indispensables pour comprendre et utiliser le droit fiscal de l'art. Il clarifie les problématiques de la fiscalité du marché de l'art et examine les obligations et impositions des intervenants culturels, tant professionnels qu'amateurs. Il présente les mesures de soutien à la création artistique et en évalue l'incidence sur le statut fiscal des artistes selon leur spécialité (plasticiens, photographes, graphistes). Il étudie les régimes fiscaux spécifiques de l'art tels que l'imposition des revenus artistiques, de l'atelier d'artiste, l'achat d'oeuvres à un artiste, le mécénat culturel, la vente d'art sur l'Internet, l'acquisition de trésors nationaux, la taxation des ventes publiques, la TVA sur les oeuvres d'art, l'imposition des plus-values de cession d'oeuvres d'art, le régime de l'ISF, la transmission d'oeuvres d'art, la dation en paiement, etc. Il fournit des exemples chiffrés, des tableaux synthétiques récapitulant les choix fiscaux, des barèmes, des formulaires de déclaration, des décisions de jurisprudence essentielles. Il réunit les textes sources utiles, législatifs et réglementaires, facilitant l'accès à la matière. Méthodique et pratique, à jour des dispositions applicables en 2011, cet ouvrage apporte aux professionnels de l'art, aux artistes, aux collectionneurs et à leurs conseils, les éléments d'action et de réflexion nécessaires à leurs obligations et décisions fiscales. » disponible chez Amazon




DOMINIQUE EVRARD: FRISSONS SUSPENDUS ET EFFACEMENTS

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

evrard dominique

En excluant de la peinture presque tout de ce qui concourt à la  définir, en laissant place à des intrusions minimalistes et  intempestives Dominique Evrard interroge les conditions d'existence  même du tableau en le faisant basculer vers l'effacement.

L'artiste propose cependant ses paradoxales chances de survie par ce  glissement vers un point de quasi rupture. La peinture renaît plus  puissamment et plus dépouillée de ses éléments de «  décor ». C'est  donc par une technique du retrait lumineux que l'artiste hypnotise.  Elle rend son travail  propice à l'inscription du signe ou du geste humain dont la toile aspire à devenir le « simple » support.

Portée à ses limites, à son point de renversement, la matière garde  vivante un frottement insidieusement érosif comme si l'image (du moins  ce qu'on prend comme telle) était tenue quasiment à l'écart. Et si  l'œuvre appelle à perpétuer l'inscription du signe humain qui l'obsède de toile en toile il se distancie de la lecture et de la vue. La  représentation est donc écartée afin de ne laisser présente qu'une  trace aussi dense que presque effacée.

Les effacements corrodent et émiettent l'étendue qui les supporte.  Emergent  l'exaltation d'une béance et l'impénétrabilité d'une paroi.  Les signes lapidaires, brouillés qui surnagent n'ouvrent que sur  l'évidence de leur illisibilité, de leur incongruité. Les tableaux de  Dominique Evrard »  parlent » de la sorte un langage neutre, presque  absent mais tout aussi sensible, poignant, vrombissant comme émis de  manière parcellaire par un être errant, coupé ' non sans effervescence  cependant ' de sa réalité, de son histoire, du réel et de l'Histoire.

L'exercice d'une forme d'oblitération renvoie au-delà de la figure  qu'elle peut simuler ou stimuler. La peinture ne laisse apparaître que  des éléments muets et suspendus, des balbutiements d'une ombre  lumineuse à la recherche d'un corps. S'y concentre une énergie dont la  violence est matérialisée par la puissance de la clarté lumineuse.

Tout l'art de Dominique Evrard s'efface devant ce qui s'efface autant  que devant ce qui « s'inscrit ». Une telle recherche exerce sur  l'esprit une fascination extrême puisqu'elle propose une présence en « abstentia ». La toile prend l'aspect d'un pan dégradé et usé. Mais il  semble d'autant plus vivant qu'il est attaqué, corrodé comme s'il  respirait par sa « lèpre » et son «salpêtre ».

Dominique Evrard nous immobilise face à ses défilés de presque rien.  Son oeuvre propose des  suites d'impressions fugitives et presque  imperceptibles. Une double action de la matière à la fois en expansion  impose sa puissance envoûtante en ses tracés graphiteux.  Restent le  flottant, le suspendu signes d'une présence pourtant majeure. Celle du  monde de la résistance où le plus récent comme le plus archaïque se  confondent par un travail qui joint la pure agression à la lenteur  scrupuleuse de la création.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.