France Dubois : l'incessant qui se fait voir.
par Jean-Paul Gavard-Perret
France Dubois :
"Cadre moyen"
Exposition image/imatge - 2008
Mais quand tout est effacé de l'image un autre jour apparaît comme lorsque les rêves remplacent le sommeil. Les apparitions que propose l'artiste font allusion à un vide souligné par quelques éléments anodins comme, par exemple, dans sa série "Cadre Moyen" de 2007, un fil électrique accroché à une prise et allant, hors cadre, on ne sait où. Mais l'étrangeté ne vient pas seulement de quelque chose d'invisible : l'invisible devient ce que l'on ne peut cesser de voir et représente ce Blanchot nommait "l'incessant qui se fait voir".
Le "fantôme" est là pour dérober, apaiser d'autres fantômes ou ceux qui croient en découvrir partout dans les images. Reste chez France dubois ce vide qui exclut d'une istoire de ressemblance. Nous sommes introduit dans l'intimité du vide là où, normalement, il y a quelque chose à voir. Ce vide accueille-t-il ? Pas vraiment même s'il n'exclut pas car il ne se fdeeme pas plus. Le lieu le plus commun reste inaccessible parce qu'avoiur accès à lui se serait accèder hors de lui et perdre à jamais la possibilité d'en sortir.
En ce sens le vide que montre l'artiste n'est jamais un vide "pur". Il n'est pas le beau diamant du vide que Mallarmé contempla, par delà le ciel, comme image poétiqueabsolue. Chez elle il ne s'agit pas d'un "vrai" vide : c'est un vide sans vérité ou certitude acquise qui cependant ne ment pas, n'est pas faux. Il n'est pas non plus la confusion où le et les sens s'égarent. Il ne trompe pas mais pour autant on ne peut s'en désabuser.
En conséquence France Dubois fait de la photographie et de la vidéo un rapport à l'absence au sein de ses expériences et de ses exigences. N'écartant pas absolument la réalité des choses elle nous délivre toutefois de leur poids et de leur présence tant que faire se peut. L'absence et le vide deviennent l'intimité d'une présence en creux où se comble le désir de tomber vers un centre, trplus lumineux que noir, en une chute silencieuse et sans fin.
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr
| Jean-Paul Gavard-Perret Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.
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