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« Atteinte au corps », Double exposition collective. Galerie l’Antichambre - Chambéry

La galerie d'art
de Marie-Claire Marsan

Ouvrir une galerie d’art est d’abord affaire de passion. C’est la première des conditions car c’est un métier difficile non exempt de risques... Mais si la passion doit primer, on ne peut ignorer les réglementations qui régissent cette profession, sa déontologie et son objectif principal qui est de faire connaître et aimer les oeuvres d’art. Le paradoxe est que n’importe qui peut en effet ouvrir une galerie d’art car c’est un métier qui ne nécessite légalement aucun diplôme. Si cette liberté d’établissement peut parfois entraîner des pratiques professionnelles peu correctes, elle permet surtout une grande diversité dans les approches de ce métier et dans la variété des artistes présentés. Au sommaire : Aperçu du marché de l'art ; Comment on devient galeriste ou marchand d'art ; Typologies des galeries et choix stratégiques ; Comment choisi t on la tendance de sa galerie ; Choix de l'emplacement ; Les galeries et internet ; Le choix des artistes ; Comment un artiste peut-il aborder une galerie ; Elements de base pour établir un contrat avec l'artiste ; Mise de fond, assurance... ; La constitution des stocks ; Les collectionneurs ; Pendant et après l'exposition ; Relation avec les institutions privée ou publiques ; Les prêts et les achats ; Les foire et salons ; Conseils aux collectionneurs privés et aux entreprises ; Registre de commerce + registre de police ; Contribution à la caisse de sécurité sociale de la Maison des Artistes ; Agessa ; Convention collective ; Affichage des prix ; La TVA ; Ventes dans l’union européenne ; Aide la première exposition ; les experts... Marie-Claire Marsan, est Déléguée Générale du Comité Professionnel des Galeriesd’Art. La CPGA représente les galeries françaises auprès des pouvoirs publics et les conseille. Le soutien du CPGA porte sur la gestion : fiscalité, douanes, social... (sécurité sociale, taux réduits pour les oeuvres originales...) ; il veille à l’éthique par un code de comportement envers les artistes, les clients acheteurs ou vendeurs.

 

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DANS DE BEAUX DRAPS : CONFINS DU CORPS

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

« Atteinte au corps »,
Double exposition collective
jusqu' au 13 février 2010.

Galerie l'Antichambre
Corinne Lempen Bret
15, rue de Boigne
73000 Chambéry ( France)
tél. 04 79 75 39 27 tél. 06 22 00 69 94

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La peinture et l’art en général doivent avoir un corps. Non seulement parce qu’ils sont le lieu des formes mais parce qu’il existe de l’obscur en nous. La tache de l’art est en conséquence de le faire sortir en montrant du corps ou en ne le montrant pas, en choisissant la figuration ou à l’inverse (et pour faire simple) la voie de l’abstraction.

La matière première de l’art quel qu’en soit le genre ou la forme est donc son étendue, sa résistance et son atypie.  Natacha Dubois-Dauphin  choisit pour ses « atteintes du corps » un cheminement  où à l’induction physique se substitue sa déduction. Suberville pour sa part décide de l’aborder à travers le portrait. Mais ces deux voies comme celles de Fabrice Midal, Mister Hélic, Christine Crozat, Jean Stern ou Daniel Schplaefer ne se contredisent pas. Chacune à leur manière elles forment des zones privilégiées, claires et distinctes du rapport au corps quel que soit le sens qu’on accorde au mot « atteinte ». Qu’il s’agisse de l’approcher ou de l’  « abymer ».

L’exigence de l’art à avoir un corps se fonde soit sur un principe de « passivité » (Deleuze) dans l’obscur et le confus, soit sur une activité dans le clair et le distinct. Même si tout ce qui peut avoir rapport au corps de l’art conserve des approches et des mouvements qui ne sont connus par l’artiste lui-même qu’obscurément. Mais dans cette exposition de groupe chaque œuvre se prolonge dans la singularité de celles qui la jouxtent.

L’ensemble reste sombre et hallucinatoire. Il s’agit un monde le plus souvent de catalepsie, d’évanouissement mais aussi d’étourdissement et de surprise. Surgissent des perceptions profondes qui déséquilibrent notre perception. Marie-France Arlaud ou Daniel Schlier créent des œuvres où à une douleur succède un plaisir sans que l’on puisse dire qui de l’un ou de l’autre prend le dessus. Natacha Dubois-Dauphin pour sa part assène ses coups au corps en sourdine et de biais. Mais dans la succession des œuvres exposée la faim, succède au rassasiement par le passage de perceptions à d’autres.

Chaque artiste proposes ses aiguillons. La représentation qu’il veut donner aux atteintes du corps se fait de manière métaphorique ou directe, Dans tous les cas le corps est pulvérisé pour être recomposé loin de tout processus de totalisation même s’il existe une logique d’ensemble à cette exposition. Le lien est donné par Corinne Lempen-Bret qui a réuni les artistes essentiels pour elle et pour sa vision du monde. Tout est composé de parties qui ne le sont pas. D’où la force de l’ensemble. Il produit  une sorte de grand pli sinueux qui se développe dans les deux expositions qui se succèdent ou plutôt s’enchaînent.

La galeriste a su choisir pour son exposition une méthode de genèse interne et subjective. Plus que les différences entre les œuvres il faut savoir en apprécier les liens. L’espace de la galerie devient un ensemble ou le nexus des rapports entres les œuvres. Surgissent un impensé du corps de l’art et d’un certain art du corps. Ce dernier est creusé pour aboutir à des monstrations déterminantes et une position d’équilibre et de déséquilibre, baroque en quelque sorte. La double exposition signifie l’obscur du corps par l’éclaircissement de l’art. Elle plonge dans la chair sourde de ses matières pour déterminer une clarté de prise et de déprise et afin que au confus succède du distinct.

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

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