Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Cytise Gamero

Cytise Gamero

Cytise Gamero: la page Mirondella


Cent énigmes de la peinture
de Gérard-Julien Salvy

Depuis des siècles, le langage de la peinture est riche en énigmes ou équivoques mystères du modèle ou de la main à laquelle on doit l'oeuvre, incertitude quant à l'identité du sujet, incohérence de sa représentation, contradiction troublante entre le titre du tableau et ce qui est montré, jeux illusionnistes liés aux vertiges du regard et au contenu crypté. Ce livre dévoile cent de ces secrets. Au terme de sa lecture, vous ne regarderez plus les tableaux comme avant!

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CYTISE GAMERO ET LES TYPOLOGIES DE L’À PEINE

par Jean-Paul Gavard-Perret

Chaque œuvre dans le parcours de Cytise est une escale. La main la désigne en déposant sur un certain blanc ses architectures de déliés. Elles rappellent que sur ce blanc incertain, sur la neige soudaine il y a toujours une sorte d’escargot. Il peut venir s’enrouler et faire de chaque toile une histoire, un « il était une fois ».

Pas besoin d’une pléthore de signes ou de couleurs. Quelques traces. Une ligne faufilée. Un maillage qui plie l’espace. Et soudain une lumière s’en exhale sans que rien ne soit troublé. Chaque œuvre de Cytise devient une flaque d’eau séchée. L’artiste y éreinte la circonférence du vide et le silence affreux.

Ses créations au fil du temps renouvellent ou plutôt exaspèrent ses émotions. Mais la douleur comme l’ombre des cyprès ne sont jamais retenues par l’artiste. Elle se veut la princesse au blanc dormant qui se perce la main d’un fuseau. Son sang met la couleur de vie sur la fausse neige du support par un art très particulier et ramassé.

Dans son minimalisme la typographie de l’à peine. Car chez Cytise le lilas hardi ne retient plus ses grappes. Pourtant la toile plus que le ciel devient un miracle. La simplicité met à mal l’apparence. Des points parfois la remplacent pour émailler le regard dans un réel lustral comme lavé à grande eau.

Le presque rien se métamorphose en un presque tout. Il déborde le réel pour ne retenir que la charge, l’impact de l’émotion à travers le temps. L’image devient quelques gouttes de savon soufflées dans un verre. Il faut que la réalité y devienne radioactive. Non dévastée mais multipliée par l’accès au point G de l’imagerie la plus  simple mais en définitive la plus sensible.

Quelques lignes, quelques courbes suffisent pour inscrire au rouge une terre de feu au destin jusque là illisible.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.