J. GAUDAIRE THOR : ACCOMPLISSEMENTS
par Jean-Paul Gavard-Perret
Jean Gaudaire-Thor, « Polyphonies », Galerie de Buci, 73 rue de Seine - 75006 Paris. Exposition du 8 octobre au 7 novembre 2009.

Gaudaire Thor ne cesse d’ouvrir la caverne platonicienne afin d’y faire enter le jour. La toile devient un drap mais sur lequel une avalanche de couleurs se répand par fragments et par grappes. Par plans et coulures aussi. La densité y devient de plus en plus profonde. Le moindre n'est plus ombre. Se retrouve la lumière. Tous les trajets du peintre sont là pour faire remplir par strates l’espace.
Dans ce dédale la peinture devient un puzzle. Elle nous fait entrer dans les "pièces" d'une autre histoire et propose un chemin à l’envers par rapport à bien des modes picturales du temps et afin d’imposer d’autres canons. Gaudaire-Thor crée des noces d'aube. Sa peinture reste en son lieu (la toile) mais s'ouvre grâce à l'impénétrable sourire du monde que son créateur introduit.
Les « Polyphonies » montrent un monde fait de falaises aux bruissements soyeux. Une intensité éclate de plus en plus fermement. Le peintre montre là un nouvel accès de fièvre et un émoi particulier. Il reste fidèle à un art de rupture (donc rupestre) qui ne renonce à investir un étrange cours afin de montrer encore et toujours de l’invisible.
Cette peinture chargée de précipités épouse le mouvement. Elle reste toujours impudique de ses secrets et de sa simplicité. Le monde y possède une chance d’y être saisi : il résiste à l’effacement.
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr
| Jean-Paul Gavard-Perret Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.
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