Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Michel Gayard

Michel Gayard

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Guide juridique et fiscal de l'artiste :
s'installer et choisir son statut,
promouvoir et protéger son oeuvre

de Véronique Chambaud

Véritable vademecum de l'artiste, cet ouvrage s'adresse à tous les peintres, graphistes, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui souhaitent vivre de leur création. Cette 4e édition, entièrement actualisée, apporte des réponses claires et documentées aux questions juridiques, fiscales ou sociales que se posent les artistes pour : s'installer (statut juridique, choix d'un atelier, aides, obligations, statut social, impositions) ; vendre (détermination du prix, facturation, recours en cas d'impayé, vente en galeries, en salles des ventes, sur lnternet) ; tirer parti de la législation en matière d'oeuvres d'art (mécénat d'entreprise, dation, exonérations fiscales, TVA) ; s'entourer de professionnels (contrats avec les galeries, agents d'art, attachés de presse, relations avec les commissaires-priseurs) ; se protéger (droits de l'artiste, assurances, protection des oeuvres). »  disponible chez Amazon



MICHEL GAYARD ET LES EFFETS DE SURFACES

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Michel Gayard  construit un espace aussi bouleversant que  nécessaire en donnant à sa peinture  des valeurs « tactiles ». Elles transmettent à sa peinture et ses éléments « rapportés » comme des fenêtres  leur vitalité. De tels  cadrages font que le seul rectangle de la peinture n'a pas encore dit son dernier "mot". Elle refait surface dans ses jeux de surfaces.

L’œuvre n'a jamais cessé de suivre une courbe ascendante. Elle passe d’une figuration défigurante à une forme particulière d’abstraction en glissant de la figure au signe. Ce dernier n’a rien de métaphysique. La peinture fait masse et s’ancre dans l’ordre de la sensation. Cercles et carrés, formes géométriques ou non racontent par leur nature même une histoire. Pas besoin de l’anecdote d’un sujet pour cela.

Gayard sait que ce qui tue la peinture est l'idée. Et même si elle ne doit pas en manquer – une peinture « idiote » n’ayant jamais arrangé son destin – le moment de la création est celui où des années de réflexion laisse place à la projection. Il ne s’agit plus de conceptualiser ce qui se produit mais de trouver ce qui peut à la fois soulever l'inanité du monde et réveiller la peinture ambiante.  Cosa mentale cette peinture est tout autant une levée de l’imaginaire à la recherche de l’émotion. Quelque chose avance à travers les formes et couleurs, leur matière, leur structure.

Loin de toute régression et avant de se "lâcher" Gayard s’astreint à tout un travail de "cerveau" au sein d'une stratégie à la fois consciente et inconsciente où tout commence à se mettre en place. Le geste est déjà en gestation. Privilégiant une approche à la fois simple et expérimentale l'état final des oeuvres prouve combien les mécaniques et procédures se perdent en chemin afin de donner à voir  la recomposition du monde. La forme "collante" de la peinture joue de rétentions et de tensions. Elles donnent à ce travail son profil particulier.

 Gayard reste un grand technicien mais pas un mécanicien : ses lignes comme ses couleurs lui servent à jouer à la fois dans mais aussi contre l'excès lorsque ce dernier ne sert à rien sinon à saturer. Il illustre comment une peinture qui se préoccupe de sa forme et de sa mise en œuvre est possible. Pour lui la peinture est une histoire de formes inassumables qu'il faut pourtant assumer et tenter de faire jouer de manière aussi dramatique (dans ses noirs et ses gris)  que jouissive. De la triple contrainte de la toile, de la matière et de ses pigments et enfin celle d'une nécessité " interne " de l'artiste " modeleur " inconscient, Gayard donne sa propre réponse à la peinture.

L'artiste replonge  dans la nécessaire croyance à la peinture. Une croyance qui pulvérise un certain du discours sur la peinture qui voudrait faire croire qu'elle ne peut pas continuer. Ignorer la peinture revient en effet risquer de la voir resurgir où on ne l'attendait pas : par exemple dans l’espace où Gayard se met à la faire refonctionner. Contre le simple retour massif de l'illusion expressive, contre l'évènement en tant que symptôme, l’artiste  développe des espaces où apparaissent les horizons perdus de l'être. En un long et raisonné processus d'approfondissement de ce qu'il en est de la peinture et de son langage le peintre atteint ce qui se cache derrière le réel. Ce dernier se met à suinter à travers la matière et la lumière qu'elle provoque. Soudain la peinture redevient une machine infernale.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.