Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Ralph Gibson

Ralph Gibson: Nude

Beauté infinie du corps féminin

Edition limitée de 1000 exemplaires, signés et numérotés par le photographe.
Disponible également en deux volumes Art Editions de tirage limité à 100 exemplaires et comprenant l un des deux seuls exemplaires photographiques originaux.

Une décennie après son premier ouvrage pour TASCHEN, Deus ex Machina, Ralph Gibson nous revient avec une large sélection de photos de nus, comprenant les meilleures de ses uvres récentes ainsi qu un entretien avec Eric Fischl. Surprenantes de contraste et de méticulosité dans leur composition, les photographies de Gibson rendent hommage à certains des plus grands représentant du genre, tels que Man Ray et Edward Weston, tout en s aventurant dans des directions inexplorées.
Selon Gibson, « Un photographe a dit un jour que la beauté féminine est infinie. Peut-être était-ce moi. A vrai dire je me souviens distinctement l avoir déclaré, et cette conviction demeure aujourd hui la mienne. Nous observons ce miroir psychologique qu est le corps humain avec une fascination qui persiste indéfiniment. Tout au moins c est ce que l histoire de l art semble indiquer. La Venus de Willendorf est datée d environ 25000 avant Jésus-Christ... ce qui est assez ancien pour finir de me convaincre. J adore photographier les femmes et je dirais que la forme du corps féminin est absolue et parfaite. »» Amazon




RALPH GIBSON LA PHOTOGRAPHIE ET LE LIVRE

par Jean-Paul Gavard-Perret

Ralph Gibson : le site

Chez Ralph Gibson la danse de l’esprit et du corps s’enroule dans les prémisses de l’acte photographique. Mais quand la prise est survenue que demeure de cette chorégraphie ?  Elle a ceci de particulier que l’artiste rassemble ses prises dans la  construction d’un livre. Celui-ci, chaque fois, « développe » l’exposition et la révélation d’une énigme. L’objet livre la présente comme résolue. La photographie est donc suspendue au mystère qu’elle va contribuer pour une part à faire éclater.

Dans la suite des questions qui émergent des bacs de révélation et du halo rougeâtre au dessus de la porte du laboratoire surgit progressivement ce qui échappe au signe en vue de cette danse. Pour Gibson se pose, dans cette perspective, la question du papier, de la densité, du grain et de l’indice. L’artiste tente chaque fois de trouver une langue des bords qui trouvera son sens dans le « milieu » du livre. Ce qui compte reste de découvrir l’image particulière. Elle doit échapper au signe mais en vue d’une signification plus ample dans ce qui pullule et peut parfois se redoubler sans souci de « beauté ». Pour le créateur anglais une photo peut même être trop prise, surfaite. Ce qui compte tient à l’élan qu’elle provoque, à savoir son pas de danse.

De celle où flambent des lignes typographiques dans une rue vide jusqu’à une autre plus rigoureuse et en épure il s’agit pour Gibson de trouver une cohérence qui aspire l’ensemble. Suivent donc des gestes d’enchaînement de pas de danseur au milieu des cendres noires et blanches afin de faire lever l’émotion. Elle-même devient une poussière étrange grâce à des tirages « impressionnants ». Ces derniers font de l'artiste ce que Denis Roche en dit : un « imagier chorégraphique ». Son œuvre est presque volatile mais tient plus de la buée que du brouillard.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.