Lili HELLER : ELANS
par Jean-Paul Gavard-Perret
Tout ce que Lili Heller sait de l’espoir elle le met dans sa peinture. A son surréel très féminin elle donne une réalité. Elle impose une existence pour le suivre dans la lumière ou les ténèbres bleues. Elle compte sur son instinct pour imposer sa différence et son exaltation sombre mais grandiose.
Peintures du mystère et du secret de l’intérieur de l’être ses tableaux dégagent une étrange lumière fluorescente. La lune absorbe ce que le soleil émet au sein d’étranges scènes fœtales où dans des univers où se lit l’affrontement de Venus et d’Uranus.
Dans chaque quadrature s’érige un univers construit mais irrationnel. Le tout dans une réception et une attirance vers le plus profond de la mutation. L’art de Lili Heller se situe en conséquence entre le visible et l’invisible.
Les peintures témoignent à la fois d’une spiritualité et d’une présence du corps dans un élan qui dépasse le vécu quotidien. L’art devient conjonction, convergence. Celles-ci rappellent que tout se tient.
L’importance du rêve et de l’imaginaire s’éprouve constamment mais elle est « bloquée» par la quadrature du luminaire nocturne du temps. Dès lors si nous rêvons le réel, dans une telle oeuvre le surréel pourrait bien nous rêver.
Des astres circulent, le ciel intérieur tourne en cristallisant des cercles. Tout retourne à l’origine, se fait contre le temps. Et si la vie se défait au dehors le dedans lui est réversible : l’être intérieur mûrit dans le silence.
Regardons-nous vivre du haut de cette peinture.
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr
| Jean-Paul Gavard-Perret Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.
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