Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Eric Hurtado


Contrats du monde de l'art
de Véronique Chambaud.

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière .. ... » la suite


Guide juridique et fiscal de l'artiste :
s'installer et choisir son statut,
promouvoir et protéger son oeuvre

de Véronique Chambaud

Véritable vademecum de l'artiste, cet ouvrage s'adresse à tous les peintres, graphistes, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui souhaitent vivre de leur création. Cette 4e édition, entièrement actualisée, apporte des réponses claires et documentées aux questions juridiques, fiscales ou sociales que se posent les artistes pour : s'installer (statut juridique, choix d'un atelier, aides, obligations, statut social, impositions) ; vendre (détermination du prix, facturation, recours en cas d'impayé, vente en galeries, en salles des ventes, sur lnternet) ; tirer parti de la législation en matière d'oeuvres d'art (mécénat d'entreprise, dation, exonérations fiscales, TVA) ; s'entourer de professionnels (contrats avec les galeries, agents d'art, attachés de presse, relations avec les commissaires-priseurs) ; se protéger (droits de l'artiste, assurances, protection des oeuvres).
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ERIC HURTADO : LES VOYAGES IMMOBILES

par Jean-Paul Gavard-Perret

eric hurtado

Eric Hurtado," Les chemins de Jean-Jacques "  . Exposition du 14 mai au 31  décembre 2011 .
Les Charmettes , maison de Jean-Jacques Rousseau . 73000 . Chambéry .

Pour Eric Hurtado «la photographie s’inscrit dans le dépassement. La vision devient ce gouffre de silence au cœur de l’image ». C’est aussi précise-t-il « Un miroir tourné vers l'absence dans le crépuscule , pour accueillir le secret d'une présence , derrière les choses . » Pas étonnant dès lors qu’il ait accepté - lorsqu’on lui a proposé - « d’écouter » les images de la maison et du jardin de Madame de Warens où Jean-Jacques Rousseau dit avoir vécu les moments les plus heureux de sa vie. Hurtado est donc à l’aise dans ce lieu de silence, à l’écart de Chambéry. Il a lui-même, face au lieu, fermé les yeux pour le voir comme il demande au contemplateur de ses images de le faire afin que l’on ne s’aperçoive pas de la différence. C’est pourtant elle que l’artiste crée. Et celui que « les forêts au bord de la nuit attendent toujours » sait une nouvelle fois atteindre la limite du visible et de l’indicible par ce qu’il faut bien nommer le mystère de sa création photographie et plastique.

D’un lieu « muséable » et dont l’intérieur n’est pas – il faut le reconnaître – le plus séduisant qui soit, l’artiste a créé au milieu des sons des oiseaux son habituelle  déconstruction-construction. Grâce à ses photographies le visiteur sent palpiter une présence par la lumière qu’Hurtado oriente et désoriente dans un centrage particulier. Ses photographies fragmentées sont des sources d’étonnement, de questionnement. Une nouvelle fois l’artiste peut donc rêver le temps. Aujourd’hui sur les pas du promeneur solitaire. Loin de la « photo reportage » ce travail plastique créé avec la confrontation de deux époques  et par l’entremises de  longues poses place le spectateur face aux réalités invisibles puis découvertes par une lumière d’aube et/ou de crépuscule. La frontalité de la prise de vue et un cadrage serré présentent un végétal luxuriant si dense qu’il semble animé d’une lumière noire animée des reflets qui donne au lieu une valeur plus fantastique que simplement mémorielle.

La lumière créée contribue à donner une matérialité picturale à la photographie. La couleur devenue matière offre de véritables « tableaux » qui n’ont rien d’illustratifs. L’œil s’attache plus aux formes et aux couleurs qu’à proprement parler ce qui est représenté. Le grand format immerge le spectateur dans des lieux empreints de mystère. L’ombre y est importante autant que le lumière. Par la première les couleurs redonnent au jardin et à la maison sa force obscure. L’un et l’autre ne sont plus seulement des reliques ou de (beaux) vestiges. Hurtado à la perspective ou la hiérarchie des plans préfère une vision à la fois plus plate mais paradoxalement plus profonde. Les verts lumineux révèlent des surfaces tactiles et semblent des hommages implicites aux  maîtres flamands du clair-obscur . Dans une expérience purement picturale extrêmement forte, les traces de couleurs restent ce qu’il y a de plus puissant dans le passé du XVIIIème siècle comme dans le présent. C’est un mélange de crépuscule mêlé d’éclats sidéraux.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.