Artistes de référence
Kateřina DRŽKOVÁ

Kateřina DRŽKOVÁ

Kateřina DRŽKOVÁ est née en 1978 en République Tchèque. Après des études de sociologie à l'Université Charles de Prague, elle a suivi les cours de l'Ecole supérieure de cinéma de Prague (FAMU).

Elle a déjà acquis une notoriété internationale et en France, elle a exposé entre autres, dans le cadre de "Regeneration" au musée de l'Elysée, une exposition consacrant de jeunes talents internationaux.

Kateřina DRŽKOVÁ - Viewpoints

Dans cette série "Viewpoints", Kateřina DRŽKOVÁ pose la question des manipulations de l'image numérique et de la crédibilité du médium photographique. Ici une même photo est utilisée pour produire deux images différentes...

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Trois faces du nom
de Jean-Paul Gavard-Perret

Les images osent à peine se poser à la surface. On distingue les traits, les faits demeurent presque imperceptibles avant de s'amasser peu à peu à travers les destins croisés de deux peintres (Gauguin, Hooper) afin qu'un troisième apparaisse. Il y aura donc juste ces images qui découvrent mais ne montrent pas, qui lancent, par la bande, une sarabande.

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Kateřina DRŽKOVÁ :  MEMOIRE DE LA CHAMBRE OBSCURE
par Jean-Paul Gavard-Perret

Kateřina DRŽKOVÁ
- Galerie José Martinez - Lyon (France) du 20 septembre au 31 - octobre 2008
- Exposition "Show(in)rooms" à la Filature de Mulhouse (France) - 16 septembre - 16 novembre 2008

Kateřina DRŽKOVÁ est une photographe à multiples facettes.  Par exemple elle collecte de vieilles cartes postales  par couple. Ayant découvert  - sans doute en raison  des retirages par l’imprimeur qui n’ont pas pris la peine de vérifier leur matrice - qu’elles ne sont jamais identiques, elle met à jour des "accidents"   dans le cadrage, les personnages  ou le paysage plus ou moins clair ou obscur.  A partir de là la photographe tchèque pose une interrogation sur la fonction de l’image vernaculaire au service du souvenir fixé.  Elle prouve une nouvelle fois l’irréalité relative du cliché photographique qui avant de décrire une réalité demeure un objet imprimé.

Dans Show(In)Rooms, redevenant photographe, elle situe  ses modèles dans les cuisines, salles de bain et  chambres qui jalonnent le parcours obligé de tout client qui fréquente les célèbres magasins de meubles à l’enseigne bleue et jaune (Ikéa). Ces intérieurs, qui se répètent dans le monde entier, sont là pour donner au client potentiel le sentiment que cet univers si "bien agencé" est déjà une vision du possible de ce qu’il peut espérer reproduire chez lui. On voir ainsi combien la frontière entre l’univers factice du show-room et celui de nos appartements ne tient pas à grand chose. L’illusion d’petre chez soit devient presque parfaite, si ce n’était la présence des étiquettes de prix et quelques détails incongrus. A travers ces "clones" de cuisines, de salons, de chambres à coucher l’artiste pose la question de notre rapport à nos lieux de vie, à notre capacité à les « habiter ». Elle nous  interroge aussi sur la place  qui demeure encore disponible à notre imaginaire et nos rêves…
Pour Katerina Srzkova la photographie est donc un départ ou un retour aux choses du quotidien.  Mais afin qu'on ne tombe dans le décor. Avec ses prises, c'est le décor qui  tombe sur nous même.  De telles photographies, dans leur « anonymat ,»  possèdent cette spécificité  particulière : elles sont  la matière même et l’éclat d’un secret qui se montrant ne se dit pas.  Elles  ne protègent plus de tout changement, de tout accès. Par leur effet-spectacle – dans le cercle clos de l’intime comme dans celui plus large du paysage -  une forme ordinaire de pseudo-préservation est exclue. L’artiste provoque une rencontre décalée, différée qui - si elle reconduit le sujet vers les défilés de l’inconscient -  ne lui donne  plus de quoi « se défiler » devant le péril de la traversée des choses apparemment si quotidiennes, si anonymes. C'est là une sorte d'expérience "infinie" (aurait dit Blanchot) et dont Ikéa ou les cartes postales deviennent le motif comme la Sainte Victoire le fut pour Cézanne. Le but paraît pourtant "simple" il s'agit d'écrire le quotidien. Non sur, non à partir de mais de l'écrire un peu comme l'aviateur de Saint Exupéry dessinait un mouton. Il s'agit aussi de questionner  ces lieux qui peu à peu deviennent intérieurs mais de manière perverse.  L'artiste leur donne corps en montrant des liens qui permettent de s'interroger sur le pouvoir de l'image.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.