Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Gaël Kneppert

Gaël Kneppert
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Cent énigmes de la peinture
de Gérard-Julien Salvy

Depuis des siècles, le langage de la peinture est riche en énigmes ou équivoques mystères du modèle ou de la main à laquelle on doit l'oeuvre, incertitude quant à l'identité du sujet, incohérence de sa représentation, contradiction troublante entre le titre du tableau et ce qui est montré, jeux illusionnistes liés aux vertiges du regard et au contenu crypté. Ce livre dévoile cent de ces secrets. Au terme de sa lecture, vous ne regarderez plus les tableaux comme avant!

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SCENES DE GAEL KNEPPERT OU l’IMAGE MOUVEMENT

par Jean-Paul Gavard-Perret

Gaël Kneppert Pour Gaël Kneppert la scène de concert et de théâtre devient le moyen plus en plus présent d’atteindre « le spectacle du spectacle ». La photographe fixe de celui-ci une séries d’empreintes plus stables et de nouvelles histoires de surfaces et de peaux. En surgissent des images sinon graves du moins « cérémonielles ». Au fugace fait donc place bien plus que le témoignage « vertueux » de traces. Gael Kneppert retient de tout spectacle son paquet de folie et de force.
Aux yeux qui le contemplent répond le regard de l’artiste. Il agrandit la fugacité des impressions vécues en « live » afin que notre vision circule, s'attarde non dans la floraison de souvenirs mais en de singuliers espoirs. Est provoqué un retour de beauté comme il y a un retour de flamme. Le frémissement de l’instant reste là mais en se dégageant de l’agitation. C’est là le désert singulier de l’image qui se repeuple d’eaux vives. La photographe déchiffre le fugace.
Gael Kneppert saisit par exemple une autre musique que celle qui est donnée à entendre lors d’un concert. La musique des lignes retient à  sa manière les échos sonores. Surgit un « présent immobile » par effet de césure dans le mouvement. Surgit aussi une autre version de « l’image mouvement » dont parlait Deleuze.
Loin du tumulte et rideaux tirés un nouveau lieu surgit au sein du creux de temps une fois le fête finie. Plantés dans le feu de la lumières d’autres lacis de songes peuvent avoir lieu.
Le spectacle et son reflet créent un hymen d' unité promise. Chacun est sa place dans sa case mais soudain sur un même échiquier un pont fait masse pour l'échange et la fugue. Les neiges éternelles de la photographie s’unissent aux nuits sombres du spectacle vivant. Gael Kneppert en devient le medium. A elle de retenir l’évanescence. En parcourant, en unissant. Par delà le bruit ou le silence et pour faire jaillir un bouquet éclatant.
Ce que, dans un spectacle, la lumière cache la photographe le sent. Elle sait aussi ce qu’elle veut retenir. En ses renaissances demeurent les lointains approchés et la semence du temps. L'empreinte d’une émotion, l'une versant l'autre dedans. La trame des corps et la lumière qui ruisselle dessus pour que la nuit se brise. La photographie tel le jour à vif dans la joie d'une naissance à revivre.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

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