Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Michael Landy

Guide juridique et fiscal de l'artiste :
de Véronique Chambaud

Véritable vademecum de l'artiste, cet ouvrage s'adresse à tous les peintres, graphistes, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui souhaitent vivre de leur création. Cette 4e édition, entièrement actualisée, apporte des réponses claires et documentées aux questions juridiques, fiscales ou sociales que se posent les artistes pour : s'installer (statut juridique, choix d'un atelier, aides, obligations, statut social, impositions) ; vendre (détermination du prix, facturation, recours en cas d'impayé, vente en galeries, en salles des ventes, sur lnternet) ; tirer parti de la législation en matière d'oeuvres d'art (mécénat d'entreprise, dation, exonérations fiscales, TVA) ; s'entourer de professionnels (contrats avec les galeries, agents d'art, attachés de presse, relations avec les commissaires-priseurs) ; se protéger (droits de l'artiste, assurances, protection des oeuvres).
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MICHAEL LANDY LE RADICAL

par Jean-Paul Gavard-Perret

            Michael Landy

Michael Landy né en 1963 à Londres commença son travail après ses études d’art par un film sélectionné par la BBC pour son programme « Take Hart ». Proche de Damien Hirst et Carl Freedman il exposa d’abord avec eux et constitua le groupe de jeunes artistes qui se furent connaître un peu plus tard sous le nom de  YBAs  (Young Brirish Artist). Sa première exposition personnelle s’intitula « Market » (1990) et fut sa première attaque en masse contre le système de consommation. En 1992 il commença une association avec Karsten Schubert en créant « Closing Down Sale » pour sa galerie qui continua son travail de sape.
 
Mais il est surtout connu pour sa performance installation exceptionnelle dans le magasin abandonné de C&A sur Oxford Street à Londres. Elle fut intitulée “Break Down “, dura 15 jours en 2001 et réclama quatre ans de préparation. Elle est considérée à juste titre comme une sinon la tentative la plus radicale contre la société de consommation et  son système d’aliénation. L’artiste y détruisit les plus de 7227 objets qu’il possédait afin de montrer comment tout s’achète et se chosifie : relation, émotion, identité. L’exposition fut visité par plus de 50 000 personnes. Paradoxalement il fut élu en 2008 comme membre de la  Royal Academy of Artss de Londres fondée en 1768. Il est donc devenu un "Royal Academician” et peut utiliser les lettres  "RA" à la suite de son nom pour justifier son titre.
 
Cela ne l’empêche pas de continuer son travail de destruction et de reconstruction. Après « Break Down » il entama une série de dessins « botaniques »de rhizome à partir  de plantes qui poussent au sein même du bitume des villes. Alors que le peintre de Lascaux ne disposait que de symboles Landy montre comment l'artiste d'aujourd'hui ne possède que les débris calcinés d'un monde en régression qui forment pourtant le seul aperçu sur le futur très provisoire. C'est justement parce que notre futur est de plus en plus provisoire et dérisoire que le travail de Landy joue sur l'ironie et la destruction seules voies pour  à un art véritablement en prise sur le réel occidental et sa paradoxale  déconstruction des êtres.Landy joue sur une formalisation qui devient opératrice et la possibilité "expérimentale" de questionner ce réel . 
 
Dans son univers les références explicites deviennent des entreprises qui rende compte de la "spectralité" du quotidien mais dans une perspective opposée à celle de Damien Hirst Surgit une vision grave, taciturne mais pourtant ardente aussi violente que paradoxalement apaisée dans sa radicalité sans concession.
 
L’artiste anglais rend obsédantes des visions qui marquent une hantise de l'entrave  et il surgit comme s'il voulait réparer le trauma d'une époque qui croule sous les objets aussi répulsifs qu'attirants et qui entraînent vers un lieu d'enfermement, d'impossible séparation entre le réel et sa représentation, l’être et l’avoir. Il joue ainsi sur deux registres : la jubilation d'un parcours « initiatique » et une sorte de tragique de situation où l'homme semble perdu en une sorte de néant qu'à sa manière l'artiste souligne par la radicalité de son travail. C'est en se sens que sous l'apparente banalité se cache ce qu'il y a de plus fantastique, comme il est fantastique - si l'on accepte d'y penser un peu - de posséder des choses. Son art devient le lieu où le visible est livré au vertige et à un trauma perceptif là où d'une certaine façon le réel est retourné comme un gant.
 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.