Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Laurent Marie Joubert



Trois faces du nom
de Jean-Paul Gavard-Perret

Les images osent à peine se poser à la surface. On distingue les traits, les faits demeurent presque imperceptibles avant de s'amasser peu à peu à travers les destins croisés de deux peintres (Gauguin, Hooper) afin qu'un troisième apparaisse. Il y aura donc juste ces images qui découvrent mais ne montrent pas, qui lancent, par la bande, une sarabande.

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Laurent Marie Joubert : une fièvre de cheval.

par Jean-Paul Gavard-Perret

Galerie Nancy Thermal, galerie de l’École nationale supérieure d’art de Nancy
Laurent Marie Joubert – Cavalière y Nansha, Salón de los reinos
du 12 décembre 2008 au 12 février 2009

laurent-marie joubert Il y a dans la peinture de Joubert, et on osera l’expression, tout un gay savoir. La peinture y trouve son compte. Pas d’entrée en matière pseudo réaliste mais une pénétration directe, un constat net, programmatique et mystérieux juste ce qu’il faut pour ne pas heurter les susceptibilités. Dès les premières lignes de fonds et les premières couleurs et esquisses tout est éveil du plaisir. Et celui-ci se maintient durablement le long de la visite. Surgissant de partout et de nulle part des chevaux tapissent l’espace pictural avec une force et une jouissance exacerbées. L’artiste n’est ni un embaumeur ni un thanatopracteur mais leur contraire. Il pratique une peinture à la fois lyrique et sobre, léchée mais décomplexée, retenue et lâchée. Une économie syntaxique qui relève de la maîtrise et une richesse d’imagination produit la métaphore la plus intrépide.

Dans une telle exposition et sous le biais de la symbolique le peintre est terriblement exposé à la vie mais cela rend son oeuvre passionnante. Jamais distrait, manipulé par la réalité dont il tire son art, le peintre lance ainsi un défi à ce qui paraît une évidence. Il prend de la sorte la vie à bras le corps pour la métamorphoser dans de petites pratiques de la vie originale et qu’on rencontre rarement avec une telle puissance et un tel mouvement au sein de la peinture-peinture. L-M Joubert invite à la réévaluer en prouvant qu’elle n’est pas qu’un divertissement ou que si divertissement il y a, ce dernier est plein d’esprit. La réflexion qu’il provoque n’est pas prête de s’arrêter. .

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.