Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Diane Maizel

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DIANE MAIZEL : SOULEVEMENT DE L'IMMOBILE

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

La peinture et sa musique, l'artiste et ses masques, la toile pour soulever ceux-là. Que se passe-t-il dans ces jeux  ? Y a-t-il une vie en gestation ?  Certainement. Comment peut-on la qualifier ? Gravité et plaisir. Mais aussi lenteur et vitesse. Peintre des volumes Diane Maizel sait jouer avec les apparences. Elle sépare et unit. Un peu comme dans les Romances sans paroles de Mendelssohn : les sons tenus presque comme s'ils ne voulaient pas être lâchés tant la douceur retient. Mais aussi des sons très forts, comme des pointes dont l’intensité accapare, déborde.

L'artiste surprend par la vague des  lignes et des courbes. La vie errante y trouve son compte sans se soucier d'abstraction et de figuration. La peinture est avant tout le désir pur sous-tendu d'un âge d'or de la plastique qui anime toujours l'acte de créer. Diane Mazel ouvre le mode parfois avec le souci du détail parfois dans une sorte de dérive. Insistance, délicatesse : la première sert afin que la seconde ait tous ses attributs  qui permettent de répondre à la question : Pourquoi la ligne vole ? Mais chez le créatrice elle ne s'envole pas comme chez un Chagall qui voulait tout renvoyer à une mystique évanescence.  L'image est soumise ici à une autre emprise. Elle passe dans le domaine sexuel sans que celui-ci soit directement signifié. 


Attente, espérance restent proches l'une de l'autre. Avec des toiles lourdes et légères, sensuelles et évanescente. Diane Maizel reste l'ordonnatrice de bien des mutations. Il faudrait la saisir en ces moments préparatoires   pour  voir comment tout cela se fabrique. Mais que verrait-on au juste ?  Les formes ondulent pour fermer, retenir. Mais pour ouvrir aussi. Il faut les considérer les repères de tout ce que l'artiste garde en tête. Avec un dynamisme qui perdure mais sans accentuer à outrance les coloris.  Aucune nécessité de rougir les lèvres. Le masque suffit à dévoiler une vérité en allant du clos à l'ouvert. A chaque toile se révèlent de nouvelles précisions. Et s'il y a durée, c'est plus dans la continuité du ou des “ sujets ” que dans chacun d'eux. Chacune des œuvres de Diane Maizel  propose une ou plusieurs naissances. Elles contiennent forcément des abandons. Des abandons et une complétude qui sont presque les rênes de l'attelage pour toute ses créations :  masque et nudité. La peinture représente comme le jeu secret de la vérité dans “ la  douceur qui fascine et le  plaisir qui tue ”comme a dit Baudelaire.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.