Artistes de référence

Pierre Bourgeade & Marie Morel

Mirondella
galerie d’art en ligne

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Exposition permanente
Expositions thématiques

candidature : info@arts-up.info


ANIMAMOURS

Textes de Pierre Bourgeade, illustrations couleurs de Marie Morel, aux éditions Humus, Lausanne..
Vous pouvez commander ANIMAMOURS directement chez l'éditeur :

Editions Humus,
18 bis rue des Terreaux,
CH-1003 Lausanne, Suisse.
Chèque à l'ordre de Humus


Marie Morel et Pierre Bourgeade

Marie Morel

Marie Morel est née en 1954 à Paris. Dès l’enfance Marie dessine, peint, écritl ; elle ne s’arrêtera jamais plus.

Marie entre à l’école nationale du cirque à Paris, en même temps elle va au conservatoire de musique, car ses parents refusent qu’elle entre à l’école des Beaux-Arts (« elle avait déjà tout ce qu’il fallait » disaient-ils, « ils auraient pu l’abîmer ! ») ; elle continue à peindre et à dessiner en même temps ; et fait sa première exposition en 1977.
A 20 ans Marie décide de faire essentiellement de la peinture, elle expose son travail de plus en plus. Elle publie parallèlement à son travail de peintre, une petite revue d’art : « Regard », consacrée aux peintres et aux artistes qu’elle aime. Elle vit et travaille dans un petit village calme et isolé, dans les monts du Valromey.
Marie Morel : le site

Pierre Bourgeade

Né en 1927, Pierre Bourgeade est tout à la fois romancier, poète, dramaturge,scénariste, journaliste, critique littéraire et photographe.
Auteur « scandaleux » des années 1960, il continue d’explorer, au fil d’un style alerte et efficace ses thèmes de prédilection : l’Histoire, les grands destins, le sexe et l'érotisme, la solitude, l'impossibilité de se connaître soi-même...
Fidèle à ses thèmes littéraires, Pierre Bourgeade a surtout photographié du nu, en noir et blanc. Il a été ami de plusieurs photographes, notamment Man Ray avec qui il a réalisé quelques entretiens et Pierre Molinier auquel il a consacré plusieurs textes.

"L’écriture ne peut pas tout dire. La photographie non plus. J’utilise chaque mode d’expression selon les besoins." Pierre Bourgeade

EROS ENERGUMENE : LA PESANTEUR ET LA GRÂCE
PIERRE BOURGEADE ET MARIE MOREL

par Jean-Paul Gavard-Perret

Pierre BOURGEADE (photographies) et Marie MOREL (peintures)

Exposition Animamours
Galerie Humus,  18 bis Rue des Terreaux, Lausanne (Suisse)
du 27 septembre au 8 novembre 2008

 

© Marie Morel

Dans le « vieil » espace de la toile, comme dans celui plus récent de la photographie, Maerie Morel et Pierre Bourgeade plongent (c’est le mot) là où: toutes les joies et les inquiétudes se décomposent et se dissolvent : le sexe de la femme qui parfois jaillit dans un bain végétal de jouvence et qui parfois prend des figures plus métaphoriques. Le lieu (selon Quignard) de « la nuit sexuelle » est scruté afin qu’il devienne le champ aussi argileux que céleste du tableau ou de l’épreuve (plus que cliché) photographique.

Ni Marie Morel, ni Pierre Bourgeade se posent ici en Narcisse mélancoliques mais recueillent des gouffres rendus instables par la maladie de l’idéalité. Entre les parois : l’ouverture. L’ouverture du doute mais aussi ouverture de la nuit. Par l’ankylose du lieu, surgit la capacité de mouvements, un processus nomade des réseaux de fragments architecturaux construits pour être disséminés. Les deux artistes font ainsi l’éloge de lieux qu’ils réinventent comme fiction.

Les photos comme les toiles deviennent une série mouvante de plans. Tel est le paradoxe de cette double « déposition ». Car s’il y a le plan, émerge aussi la matière qui repose ou plutôt fluctue puis fait corps avec lui.. D’où cette dimension rare dans l’art contemporain : la recherche terrestre de l’envol, l’appel d’air mais au sein même de ce que la matière (même s’il ne s’agit parfois que de plumes collées de manière récurrente dans certaines toiles de Marie Morel) possède de plus dense et de plus organique.


© Pierre Bourgeade

Il n’y a donc pas  dans cet « entretien » entre les deux artistes une  « vitrification » mais une tombée de chaleur par compacité : l’espace du ciel lui-même devenant un volume, le sexe lui-même en devient la grande constellation. Nous assistons à une fixation dans l’ici des lieux visuels que sont les toiles mais aussi un déplacement vers l’ailleurs de l’intime soudain porteur de virtualité. On peut affirmer en ce sens que Marie Morel et Pierre Bourgeade travaillent la matière  du désir dans ce qui n’appartient pas au registre de l’imagerie mais d’un traitement athée de l’image pieusement érotique.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.