Artistes de référence

Céline Mazard

Céline Mazard

la galerie Mirondella - le site



Collection Palettes , l'intégrale - Coffret collector 18 DVD
par Alain Jaubert

Palettes: une série de films consacrés aux grands tableaux de l'histoire de la peinture.Grâce aux plus récentes techniques de l'animation vidéo , les secrets des images sont racontés comme autant d'aventures dans le plaisir et la découverte. Cette intégrale présente une collection de 50 films , une exploration de 50 tableaux de maître par Alain Jaubert. Disponibles pour la première fois: 4 dvd inédits(Le Caravage , Véronèse, Kandinsky , Bacon...) ainsi qu'un entretien exclusif avec Alain Jaubert sur l'histoire de Palettes. 

Biographie du réalisateur 
Avec Palettes , Alain Jaubert raconte l'histoire d'un tableau à la façon d'une investigation policière en offrant au spectateur une cascade de découverts et d'explications. 

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C ÉLINE MAZARD : ÉLOGE DU TOUCHER
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Dans la hiérarchie des différents sens et en particulier au sein des arts  le toucher occupe  la moins enviable des positions. Il reste conçu comme instinctif, comme une étape transitoire d’un développement humain pris à son origine et dans ses fondements premiers, plus révélateur d’un manque d’autonomie, d’une dépendance que d’une capacité d’érection. Céline Mazard prouve le contraire.  Chez elle il n’est plus conçu comme primitif ou  « archaïque »  mais comme le plus élaboré. Il devient la qualité essentielle, au moins équivalente aux autres sens, sinon la plus fondamentale de toutes.

Céline Mazard a compris combien est capitale la kinesthésie dans la construction des sensorialités et donc de l’art. Son œuvre prouve qu’il sert de base aux autres qualités sensorielles. Il permet de faire grandir et progresser l’œuvre. Prenant le monde dans son immensité, dans son inconsistance, dans son flux incessant l’artiste établit un contact immédiat avec les formes majeures qu’elle fomente. Et à une époque où les distances symboliques se sont raccourcies, où il arrive dans le même temps grâce au courrier électronique  d’être en relation lointaine avec plusieurs continents en quelques manipulations de « souris », les retrouvailles concrètes que propose l’artiste retrouve toute leur force et leur sens. L’œuvre acquiert une plus-value car à travers elle notre sens profond s’en trouve redéfini et renforcé. Ce que nous éprouvons  en se connectant à distance ou en se rencontrant  ne possède pas du tout la même puissance. 

Chez Céline Mazard le toucher devient la  propriété  qui détermine la vraie façon d’être des choses, des êtres vivants. L’artiste met en coïncidence l’existencedu beau par des propensions tactiles. L’objet devient à bout touchant à travers les formes que la créatrice rassemble, resserre, unit pour une élévation dont les structures ne sont plus forcément anthropomorphiques mais   permettent d’édifier une individualité spécifique. L’âme devient sensible, susceptible de toucher et d’être touchée à travers la mise en contact de la sensibilité de l’artiste à travers la matière qu’elle travaille.

Par cette approche  elle peut toucher au but,  toucher au sublime ou à l’absolu et nous pouvons être touchés par l’émotion induite. Sans doute parce le sens kinesthésique comporte un élément de réciprocité. C’est même ce qui, à côté de l’affirmation de l’être, le distingue de toute autre qualité fondamentale. Tout ce qui touché touche ou du moins peut le faire quand l’objet artistique atteint comme chez Céline Mazard un accomplissement formel. Au fond nous traduisons cela par le mot contact. Mais avec une telle œuvre il est  aucunement justifié de prendre pour paradigme du contact celui de deux corps sinon celui de l’artiste avec la matière qu’elle métamorphose.

Certes, il n’est guère envisageable - sauf au prix de quelque inversion rêveuse ou poétique - que l’objet d’art proposé par la créatrice nous goûte, nous sente. Il n’empêche :  le contact d’une telle œuvre recèle une originalité. Elle confère à ce sens une différence pourvoyeuse de potentialités. Elle introduit les dimensions du palpable, du tangible. Céline Mazard crée une consistance particulière, une profondeur d’un sentiment indéniable d’existence. Elle crée littéralement une entrée en matière au sein même de la spatialité dans un élan épuré d’accueil,  d’essor plus que de repli, de confiance plus que de crainte. L’espace interstitiel lui-même creuse un lieu intermédiaire ouvert sur le sentiment d’une profondeur et d’une durée infinies. L’œuvre devient donc le pacte à la fois attendrissant et emblématique d’une alliance indéfectible. 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.