Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Mireille Brousseau

Exposer dans Mirondella
la galerie d'art en ligne d'Arts-up


Mireille Brousseau : le site


Camille claudel :
le génie est comme un miroir

by Reine Marie Paris

De la personnification de l'artiste maudite à la reconnaissance de son génie, Camille Claudel a fait l'objet, depuis le début des années 1980, d'une réhabilitation passionnée. On sait combien ses premières œuvres ont impressionné Auguste Rodin, qui en fit son élève, son inspiratrice et sa maîtresse. On sait comment cette femme, déchirée entre le rêve de l'amour partagé et celui de la sculpture, a décliné vers la folie et s'est vue internée. Au-delà de ces éléments qui en font un personnage de roman, cet ouvrage restitue sa vie et son œuvre dans le contexte de l'époque. En rappelant combien il était alors difficile d'être femme et sculpteur ; comment, avec son frère Paul, introduit dans les cercles littéraires, elle côtoyait une partie de l'avant-garde parisienne. Comment elle se défait de l'emprise de Rodin pour réaliser jusqu'en 1905 la part la plus créatrice de son œuvre, La Valse, L'Age mûr, La Vague. Comment enfin, en proie à un délire de persécution et faute de la véritable reconnaissance à laquelle elle aspirait, Camille s'est isolée peu à peu de la scène artistique, allant jusqu'à détruire ses œuvres... Des lieux de son enfance au vieil immeuble du quai de Bourbon, de son premier atelier parisien à l'asile de Montdevergues, de ses amours tumultueuses avec Rodin aux démêlés avec ses fournisseurs, de l'univers familial à ses escapades en Angleterre, plus de 150 documents pour revivre la vocation inextinguible de Camille Claudel .

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Mireille Brousseau : l'art et le temps

par Jean-Paul Gavard-Perret

mireille brousseau
Mireille Brousseau - Dérèglement

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Mireille Brousseau - Dérèglement (détail)

Dès ses premières oeuvres, Mireille Brousseau expérimenta le corps. Pas n'importe lequel : le sien. le sien. Depuis les oeuvres qu'elles réalisent sont toujours en rapport avec le corps. Elle le représente dans son entier ou en fragments. Elle en reconstitue de nouveaux et d'étranges à partir de fragments prélevés sur différents corps. Son travail reste avant tout expérimental : "«Tout comme pour la récupération de documents photographiques, j’émets des hypothèses que je vérifie" écrit celle qui à partir de divers matériaux et processus cherche à bâtir des oeuvres dont l'objet recherché et d'émouvoir la créatrice elle-même en premier. Elle devient ainsi la conceptrice mais aussi le filtre critique de son travail. Ensuite elle insère ses oeuvres dans un environnement qui permettent divers types de naissent des "narrations". Passionné par les matières et par l'observation des phénomènes d'altération que provoque le rouleau compresseur du temps qui passe Mireille Brousseau explore les métamorphoses qu'elle provoque en ses agencements quasi alchimiques.

 

Plus particulièrement son traitement des fragments et des empreintes donne une densité et une constante formelle inhérente à la matière même et par les traces provoquées par l'aventure dans le temps des matières retenues. C'est donc bien le rapport au temps qui demeure central en cette recherche sans concession à une certaine règle de bienséance. Chaque oeuvre crée donc un espace absolument optique dans des codes qui ne renvoient plus à la vulgate apprise.

A nous de forger notre religion, notre foi face à de telles oeuvres. L'artiste nous pose implicitement la question à travers son approche : "Et vous vous savez ce qu'il en est de l'art et du temps ?". Mais Mireille Brousseau fait mieux : elle permet de réorganiser nos propres images mentales, de comprendre de quoi elles son faites (douleur et joie, perte et espoir). C’est pourquoi dans leur simplicité, dans leur silence, de telles images nous assourdissent de l’intérieur. On se trouve alors plus proche d’une sorte de « vérité » du sens tant de telles oeuvres inscrivent la présence d’une matière qui parle le temps et qui pose aussi par la bande une autre question : "Et vous vous savez ce qu'il en est du corps ?"

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

mireille brousseau
Mireille Brousseau - Enfance disparue n°3


 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.