Artistes de référence

Eugenio Montale

Eugenio Montale

eugenio montale

Eugenio Montale : le site ( en italien mais avec quelques pages en français).


En France
de Eugenio Montale

Vingt chroniques sur la France écrites entre 1950 et 1962 quand Eugenio Montale était journaliste au Corriere della Sera. Ses réflexions sur la France sont celles d’un esprit libre, exempt d’illusions comme de préjugés. Montale parcourt la France en “gros chat ronronnant et gourmet”. (Michel David)

L'auteur
Eugenio Montale (1896-1981) est né à Gênes. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1975. Il est certainement le plus grand poète italien du XXe siècle. À son activité de poète s’ajoute celle de critique littéraire,musical, de traducteur, de journaliste et de peintre-dessinateur.

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MONTALE ET LE DESSIN
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Eugenio Montale - "Pastelli & disegni"
montale acquaforte


Celui qui écrivait dans ces "Carnets de Poésie":

« Certes,
nous sommes mieux que rien
nous qui restons dans le bégaiement »

a trouvé dans le dessin un subterfuge habile pour sortir du balbutiement et même s’il en n’avait pas besoin (ses poèmes le prouvent !).

Ses dessins se font vagabonds et ouvrent son génie poétique à d’autres constellations – parfois infimes mais toujours dignes d’intérêt. Ce fut pour lui un autre moyen de gravir le chemin de la vie même lorsque l’eau passe sous les ponts et s’éloigne indifférente. Minutieux Montale garde un trait curieux et parfois plein d’humour. Il met toujours une distance juste entre lui et le monde : à savoir un regard aussi amusé que critique.

Où s’exprime par le trait sa main, s’éclaire le monde dans un ressac doux sonore. N’oublions pas en effet que Montale fut un aussi mélomane. Il trouva dans le dessin (comme dans ses textes) une musique silencieuse, un menuet de sensations qui s’amusent parfois d’un savoir encyclopédique. Le poète italien voulait qu’on prenne ses dessins pour des facéties. Il les a toutefois métamorphosés en images d’un monde qui tombe mais qu’un frôlement d’aile permet de s’élever.

 

Le poète a donc parsemé son œuvre de ses « miettes à becqueter pour attendre le sommeil » (« Derniers poèmes ») mais il a fait plus que cela. Ses dessins restent parmi nous inaltérables. Ce ne sont pas seulement des surplus. Eux aussi ont tenté d’exprimer le mieux un privilège : notre empire est le monde d’ici-même, d’ici-bas.  Il a beau n’être qu’une  « passerelle » où  défile des morts, il ne faut pour autant surtout pas oublier les vivants. Celui qui affirmait « L’œuvre d’art est voué à la vie » (idem) l’a prouvé par ses dessins.  Prière de les prendre non pour des hors-d’œuvre mais des brochées.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.