Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Myriam Parisot-Librach


Exposer dans Mirondella
la galerie d'art en ligne d'Arts-up


100 Plus beaux musées du monde
Les trésors de l'humanité à travers les cinq continents
de Hans-Joachim Neubert et Winfried Maass

Tout musée est l'image d'une culture et d'une histoire. Qu'il abrite les œuvres d'une multitude d'artistes ou d'un seul, qu'il se concentre sur un mouvement artistique ou sur les chefs-d'œuvre d'une période historique, il reflète par-dessus tout l'image qu'une culture a d'elle-même et de son environnement. Rares sont aujourd'hui les capitales qui ne sacrifient pas à la fierté nationale en mettant en valeur, tantôt les créations de leurs artistes, tantôt des collections d'envergure internationale, lorsqu'elles ne célèbrent pas les hauts faits de leur histoire à travers objets d'art, sculptures et peintures. Ce livre vous entraîne à la découverte des 100 musées les plus passionnants du monde. Leurs collections les placent parmi les institutions les plus importantes de notre culture contemporaine.

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Myriam Parisot-Librach : la vie dans les plis

par Jean-Paul Gavard-Perret

Myriam Parisot-Librach, Galerie Brissot & Linz, 48 rue de Verneuil, Paris (7ème) :
- exposition  collective (juin 2009)
- exposition personnelle « Du visiteur qui ne vient jamais aux ateliers des patrons » (septembre 2009).

 

Myriam Parisot-Librach - Les Patrons (4) - 2007/2009
Acrylique sur papier, 75x80 cm
Courtoisie de l'artiste - photo de Raymond Oillet Myriam Parisot-Librach

L’art de Myriam Parisot-Librach est une longue genèse. Il prend sa source dans l’atelier de son père tailleur. Les patrons de papier fascinaient l’enfant et c’est là que tout commence. On en recouvre des traces dans les œuvres de l’artiste où semblent parfois se dessiner au cœur de l’abstraction des sortes de formes humaines. Le patron représente un dessous de la forme, son  origine, sa matrice. Pas tout à fait forme ou objet, il est plus qu’esquisse du réel : il posa inconsciemment à l’artiste en herbe toutes les questions de l’image. Plus tard elle a poursuivi de longues études des corps dans la peinture (entre autres chez Delacroix) avant de se diriger via Braque et l’abstraction lyrique vers l’américain Gorky que Myriam Parisot-Librach considère comme son maître ou son second « patron ».

Dans des œuvres à base de papier mais aussi avec ses huiles l’artiste nancéenne construit une œuvre animée par des traces sensuelles et torturées. Toutefois on ne peut s'agripper à elles comme à des  planches de salut : leurs jeux de miroir nous font chavirer,  médusent notre radeau. S'engendrent à leur surface des sortes de  trompe-l'oeil dans des battements cérémoniels de lignes et de couleurs. Le papier fore en retrait les incisions de lumière comme s'il appliquait l'espace sur lui même. Le regard doit reprendre ses parcours pour comprendre ce qui à la fois déborde et fait repli. De la sorte  l'artiste nous contraint à évaluer nos forces, nos faiblesses, notre violence, notre envie. Il y a là plus qu'une  prise de vue : une prise par le ventre de la matière.  L'artiste se et nous met en aptitude de voir l'impossible et de découvrir dans divers p(l)ans  les gestes sur lesquels l’attention doit porter. Emerge une abstraction  qui devient ce qu'elle est rarement. A savoir une substance. Plus que de traces il faut alors parler de  partitions de lumière dans ce qui tient à la fois de l'épaisseur, de l'union et de l'exclusion bref du principe même de l'anamorphose dont le "patron" fut la première ébauche.

Reste cet effet d'abyme sur le  blanc.  La seule possibilité, l'unique seuil ou transfert.   Le plus grand des dangers, dans la plus forte des brûlures. La gageure plastique de l’artiste non seulement perturbe la matière : elle l'indétermine dans des suites anamorphiques, rythmiques de failles, de feuilletages et de remontées. On entre de plain-pied dans des images qui nous séparent de nous-mêmes pour mieux nous approcher de notre fond, nos suites d’à-côtés, notre théâtre d’ombres, notre tissu si fin qu’il tombe en pièces, en fragments. Seules des images comme celles de Myriam Parisot-Librach  peuvent évoquer.

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.