Artistes de référence

Gosha Ostretsov

Gosha Ostretsov

Gosha Ostretsov : le site


100 Plus beaux musées du monde
Les trésors de l'humanité à travers les cinq continents
de Hans-Joachim Neubert et Winfried Maass

Tout musée est l'image d'une culture et d'une histoire. Qu'il abrite les œuvres d'une multitude d'artistes ou d'un seul, qu'il se concentre sur un mouvement artistique ou sur les chefs-d'œuvre d'une période historique, il reflète par-dessus tout l'image qu'une culture a d'elle-même et de son environnement. Ce livre vous entraîne à la découverte des 100 musées les plus passionnants du monde. Leurs collections les placent parmi les institutions les plus importantes de notre culture contemporaine.

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Gosha Ostretsov : par la violence et par le sang
par Jean-Paul Gavard-Perret

courtoisie : Gosha Ostretsov ©
Gosha Ostretsov (né à Moscou en 1967) est un des peintres russes les plus importants de sa génération. Imprégné des différents courants des arts plastiques d’occident et d’orient, sensible autant au Pop qu’à l’Op-art, au réalisme soviétique qu’à un néo futurisme il poursuit un itinéraire particulier qui l’a fait (entre autres) croiser à la fin du siècle dernier J.C. de Castelbajac et J-P Gaultier avec lesquels il a travaillé.

Mélange de figuration (type B.D.) et d’abstraction colorée son univers pictural baroque et animé renvoie du monde l’image tout autant d’un enfant, d’un grotesque que d’un sénile avaricieux. Parfois la bouche d’une étrange fée Clochette comme maculée de sang semble crier dans les aigus à la manière d’un Artaud :  « je voudrais être une saletade ». Et tous les personnages que l’on croise dans ses acryliques ne croient – si on en juge sur leurs mines -  en rien. Aucun est demeuré assez naïf ou crédule pour posséder une idée positive de l’ humain. Leurs visages ignorent le sourire et ont tous quelque chose de carnassier. On a à faire à des sortes de héros damnés non de la terre mais d’un western façon moscovite, donc façon eastern. Pour eux il n’existe nul dieu sinon l’argent et la violence qu’il génère et qu’Ostretov met en scène.

Peintre de l’enfer postmoderne, l’artiste rappelle par ses vignettes parfois habilement codées que l’au-delà de l’Achéron est présent depuis longtemps mais le « portraitiste » le redessine  pour entériner son capital de douleur et de vacuite dérisoire. Ostretsov est l’artiste qui exhibe les miasmes de l’absolutisme qu’il soit politique ou financier. Celui-ci dit non à tout sauf à son intérêt. C’est pourquoi une telle peinture transcende son époque. Tous ses « héros » semblent affirmer  « Qu’ai-je à foutre de l’existence ? Je ne veux pas de cette invention là sinon à être riche et en profiter au maximum ». En incidence le peintre est donc celui du mal et de la souffrance. Celui du supplice perfide que l’homme impose à son semblable pour en tirer profit.

Pourtant derrière les tyrannies ordinaires surgit chez l’artiste russe un désir d’humanité. Ostretov en effet n’est pas ( encore) désespéré. Il veut croire que ce n’est pas le ver qui est dans le fruit mais que le fruit reste dans l’être. Seule cette idée sauve du désastre sa peinture même si elle ne croit que très peu en l’espèce humaine. Rien d’autre pour le peintre dans le corps que l’œuf d’envie. « C’est par là que  je vais toujours recommencé » dit le peintre pris dans on ne sait quelle nuit de Lucifer, du Christ et de Marie et Madeleine.  Sa langue picturale n’est là que pour repérer les mauvais coups et – ça et là – les cris du juste au milieu de la peur, de la fureur mais aussi la couleur. Une telle peinture toute en éruption « dé-génère » et déroute sans fin. Elle nous plonge au milieu des morts-vivants qui ne cherchent qu’à paralyser celle ou celui qui  par amour du bien  lutte contre le désir du nuire, les passions du stupre et de la nostalgie. Entre souffrir et nuire le chemin est étroit mais c’est celui qu’Ostretov dessine en filigrane à travers ses exhibitions au rouge carnassier..

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.