Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Marianne Parchet

Marianne Parchet

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Guide juridique et fiscal de l'artiste :
s'installer et choisir son statut,
promouvoir et protéger son oeuvre

de Véronique Chambaud

Véritable vademecum de l'artiste, cet ouvrage s'adresse à tous les peintres, graphistes, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui souhaitent vivre de leur création. Cette 4e édition, entièrement actualisée, apporte des réponses claires et documentées aux questions juridiques, fiscales ou sociales que se posent les artistes pour : s'installer (statut juridique, choix d'un atelier, aides, obligations, statut social, impositions) ; vendre (détermination du prix, facturation, recours en cas d'impayé, vente en galeries, en salles des ventes, sur lnternet) ; tirer parti de la législation en matière d'oeuvres d'art (mécénat d'entreprise, dation, exonérations fiscales, TVA) ; s'entourer de professionnels (contrats avec les galeries, agents d'art, attachés de presse, relations avec les commissaires-priseurs) ; se protéger (droits de l'artiste, assurances, protection des oeuvres).

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ABSORPTIONS : MARIANNE PARCHET

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

C’est lorsqu’elle passe à ce qu’on peut appeler un tachisme (souvent en rouge et noir) que l’œuvre de Marianne Parchet monte soudain en puissance : les figures du dehors voient leur « vernis » se consumer jusqu’à une forme de transparence où l’intermaculaire prend autant d’importance que la tache elle même en divers jeu de dégradés des tonalités chromatiques. Chaque oeuvre s’étend dans  un no man’a land et ne laisse rien perdre de l’absence qu’elle retient.

Cette approche nous  traverse en découpant des lieux hantés qui sont autant des formes abstraites (séries les « informels») que des personnages. Pourtant des une aux autres le regard plonge dans le même type de métamorphoses. La tache en devenant forme avale les apparences pour que la vision reconstruise ce que l’artiste fait de la chaleur, de l’émotion, du féminin et de la rythmique.

Car il existe une véritable musique des formes : l’image naît de l’espace entre les encres et le blanc qui les absorbent. Elle ouvre une terre (mais est-ce bien le mot ?) inconnu. Poussant plus loin une problématique que Michaux avait initié avec « Par la voie des rythmes », Marianne Parchet crée – plus que des lieux  - des hors chemins. S'y prolonge une aventure de l’incertain et de l’inattendu. Par ses insularités le tache crée divers tensions : elle voudrait s’étendre, se déplacer encore mais le « terrain » où elle se déploie la limite.

Une telle approche permet comme Michaux l’écrivait « de débloquer le coincé » parce que la tâche garde une autonomie que l’artiste ne peut complètement contrôler. Son impact est donc particulier car elle ne ressemble pas à quelque chose de connu, de complètement maîtrisable et ramène à des premiers temps. Elle redevient aussi un territoire à perte de vue malgré les bords. C’est donc un corps plastique plus que nu dans lequel le regard s’arrête au sein des tremblements et des changements de couleur.

L’art soudain tient et saisit le réel de manière intruse. Marianne Parchet soulève un envers, dissous la pénombre. Dans les brèches surgit le retiré de l’être ou du paysage. Chaque œuvre pénètre à tous les sens du terme patrtouches d’ultimes clartés en un formidable spectacle optique qui déborde, inonde mais de manière parcimonieuse presque minimaliste.

L’exaltation reste de l’ordre du retrait sans qu’on  puisse estimer l’échelle de grandeur de ce qui est suggéré : macro ou microcosmique. L’envahissement coloré demeure malgré les aléas toujours contrôlé et évite tout effet de lassitude. Le monde qu’il crée ne se limite pas toutefois et jusque dans ses effets de nimbes en un lieu un songe même si les âmes qui le hantent ayant perdu leur blondeur d’épi sont grises comme des chats la nuit.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.