Artistes de référence

Pierre Bourgeade & Marie Morel

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ANIMAMOURS

Textes de Pierre Bourgeade, illustrations couleurs de Marie Morel, aux éditions Humus, Lausanne..
Vous pouvez commander ANIMAMOURS directement chez l'éditeur :

Editions Humus,
18 bis rue des Terreaux,
CH-1003 Lausanne, Suisse.
Chèque à l'ordre de Humus.

Edition courante : 24 euros. Edition de tête avec une peinture originale prolongée d'un texte manuscrit inédit de Pierre Bourgeade : 300 euros. Edition luxurieuse : limitée à 12 exemplaires, avec une peinture originale reproduite dans le livre : 500 euros.

Marie Morel et Pierre Bourgeade

Pierre Bourgeade

Né en 1927, Pierre Bourgeade est tout à la fois romancier, poète, dramaturge,scénariste, journaliste, critique littéraire et photographe.
Auteur « scandaleux » des années 1960, il continue d’explorer, au fil d’un style alerte et efficace ses thèmes de prédilection : l’Histoire, les grands destins, le sexe et l'érotisme, la solitude, l'impossibilité de se connaître soi-même...
Fidèle à ses thèmes littéraires, Pierre Bourgeade a surtout photographié du nu, en noir et blanc. Il a été ami de plusieurs photographes, notamment Man Ray avec qui il a réalisé quelques entretiens et Pierre Molinier auquel il a consacré plusieurs textes.

"L’écriture ne peut pas tout dire. La photographie non plus. J’utilise chaque mode d’expression selon les besoins." Pierre Bourgeade

Pierre Bourgeade, les morts et les femmes
par Jean-Paul Gavard-Perret


 

© Pierre Bourgeade
Bourgeade fut un grand écrivain mais aussi un grand photographe. Dans son œuvre la femme restera aussi riche plastiquement qu’abstraitement ténébreuse. Elle possède  une  force centrifuge, elle n'est la que pour détruire la fiction, toute fiction que l’homme fantasme même si c’est par la figure féminine qu’il s’en et la nourrit. C'est pourquoi sans nul doute cette oeuvre fait partie de ces "glaïeuls incendiaires" qui selon Jacques Henric sont cultivés par les « pornographes » (on a souvent qualifié ainsi Bourgeade) qui glissent leurs tubéreuses dans le jardin des délices.

Pour Bourgeade la femme demeurera la folle du logis qui vient perturber l'ordre théologique incarné par un passeur pervers  qui monta une suite de tableaux qu'il démultiplia sans aucune redondance. Dans un fantastique jeu de miroir sa photographie « pornographique » ajoure ce que la littérature au sens large ajourne comme inavouable : la prise de plaisir par la victime (encore faut-il s'entendre sur le terme ici). Mais il y a plus : surgit un  rire, souligné jadis par Blanchot, qui éclate dans ses travaux de pure transgression et où toutes les explications premières ne sont jamais les dernières.

Bourgeade, proche d’un Michel Journiac, aura tout fait entrer dans un étrange théâtre du sacrée et de la profanation. Et il poussa plus loin le mouvement entamé par Bataille à la suite de Sade. Mais chez Sade comme chez Bataille le héros tient le coup, il est centre et non absence. Avec  l’auteur de « L’Objet Humain » au contraire tout bascule. Ombre d'elle-même l'héroïne n'est que feinte, feinte de présence.  Son statut  passe d'un état d'absolu à celui d'un désordre.

Contre l'érotisme de pacotille et le langage culturel admis par une époque prétendue libérée mais que l’auteur vit se recroqueviller sur elle même, sa « pornographie » refusa d'offrir des prises  à tous ces fantômes de château de cartes prétendus érotiques dans lesquels les images sont  des ancres jetées dans le sexe non pour le renforcer mais pour l'ôter.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.