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Alex Pinna 

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Alex Pinna : 2CON (bronzo patinato)



ALEX PINNA : DES CORDES POUR NOUS PE(I)NDRE
par Jean-Paul Gavard-Perret

courtoisie Alex Pinna
alex pinna
Upstairs heroes

alex pinna
IOSONOTE - cm 140 x 120 x 20

 

 

 

 

Pour Alex Pinna l'image sert à penser à travers ombres et cordes. Né en 1967 à Imperia, l’artiste crée d’étrange clôtures. Surgissent de longues allées d’êtres (lointains cousins de ceux de Giacometti et de Chirico) assis, tordus, couchés, volants et dont la peau est soit lisse, soit grumelée de tressages. Le ciel devient terre et le feuillage absence là où il ne reste que des silhouettes d’acier, de corde ou de résine.

L’œuvre exprime la séparation des êtres jusqu’à leur disparition : sont-ils encore là où n’est-ce plus là que des chats ?   Le soyeux et l'ardent sont étouffés. Mais qu’importe le trouble blesse le regard par ces présences  face à la nappe cendrée des choses. Quelques éléments abstraits ou concrets sont isolés de la grisaille.  Pouvoir de l'air. Hantise de l'air - ses coloris légers, sa poussière, sa diaphaneïté. La mémoire ou l'oubli - comme on voudra.

Oui l'air se trouble : en émerge le pouvoir de l'étrangeté qu’Alex Pinna impose par sa puissance du lieu. Ses êtres et leurs cordes pour nous pendre nous  laissent cependant tels des rescapés. Mais reste au ventre la peur de leurs fantômes qui nous hantent. L’artiste italien nous rappelle ainsi la certitude qu'il y a dû exister là quelque chose que nous ne voyons... Nous faisons de la sorte l'expérience d'une sorte d'infini dans cette paradoxale proximité. Éprouvons donc leur contact puisque sentir n'est plus affaire d'espace mais de lieu.

Eprouvons leur courant d'air, leur hantise, leur piège. Leur pendaison aussi. Et souvenons alors de la fameuse histoire écrite par Pierre Bettencourt : un bourreau installa un homme sur un gibet. Mais le premier trouva la corde trop froide et givrée. Elle coulissait mal. Il dit au condamné de l’attendre puis partit prendre un café avec une amie de passage. Le temps filait et le bourreau ne revenait pas. Lassé, la victime finit par se passer la corde autour du cou et du pied il fit basculer la trappe…

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.