Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Jean Poumarède

Jean Poumarède

» la page Mirondella -  le site


Guide juridique et fiscal de l'artiste :
s'installer et choisir son statut,
promouvoir et protéger son oeuvre

de Véronique Chambaud

Véritable vademecum de l'artiste, cet ouvrage s'adresse à tous les peintres, graphistes, sculpteurs, illustrateurs ou photographes qui souhaitent vivre de leur création. Cette 4e édition, entièrement actualisée, apporte des réponses claires et documentées aux questions juridiques, fiscales ou sociales que se posent les artistes pour : s'installer (statut juridique, choix d'un atelier, aides, obligations, statut social, impositions) ; vendre (détermination du prix, facturation, recours en cas d'impayé, vente en galeries, en salles des ventes, sur lnternet) ; tirer parti de la législation en matière d'oeuvres d'art (mécénat d'entreprise, dation, exonérations fiscales, TVA) ; s'entourer de professionnels (contrats avec les galeries, agents d'art, attachés de presse, relations avec les commissaires-priseurs) ; se protéger (droits de l'artiste, assurances, protection des oeuvres).

»  disponible sur Amazon

LES MYTHOLOGIES DE JEAN POUMARÈDE

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

La mythologie de Jean Poumarède n'est pas le pays des essences pures. Le monde y est fait d'instants ciselés d'images perdues au fond de l'air . Au bistre de la  terre répond la blancheur du temps sous diverses formes de ciels rougis. L’air supérieur du mythe se condense de façon à être inflammable. La  « disproportion de l’homme » que Pascal évoque dans les Pensées  est visible à travers le rapport du réel et de mythologie non pour renouveler le second mais pour interpréter le premier. C’est là une trêve pendant laquelle la vue, cessant de se porter au plus ras, radiographie ce qu'il en est des rapports humains (amour, vieillesse, etc.).

Jean Poumarède a donc l'art de repasser par la chimère pour relire le réel dans une dramaturgie entremêlée entre le passé et le présent au sein d’équilibres subtils. Le second peut remonter à la surface parce cette remise en scène car les fables les plus anciennes nous ont appris la puissance « évidante » de leur force.  Le beau "mensonge" du mythe apparaît comme la réplique aux assauts du réel afin d'en signifier l’âme au détriment des apparences qui tombent en anémie par cette mise en abîme.  Dans une telle figuration nous nous retrouvons nous-mêmes comme des somnambules qui  parcourent le temps mixte. L’oubli n'est plus le lien que la nuit ne saurait dénouer. La mémoire s’épanouit là où Jean Poumarède coupe le fil des fièvres que le réel échange avec son leurre.  Par son intrusion le mythe devient grille de lecture, il s'insurge contre nos conforts par ses anachronismes.

L'artiste sait que la "vraie" réalité est toujours par delà le réel. Le mythe en affile les sensations en les englobant dans son flux par saisies, étreintes, dérives et saillies. La fluidité de la peinture figurative devient le relais ou le palier qui contient et gradue l'énergie informelle qui s'y déploie dans une dramaturgie ouverte à la seule appréhension de l'inconnu dans le connu. Dès lors entre le chemin du bien et celui du mal, entre celui du présent et de l'avenir le peintre tend un miroir qui ne reflète aucun des deux côtés.  Il devient le foyer de création d'autres images.

Il s'agit d'entrer dans l'intime barbarie des relations humaines, de corriger le un avec le deux et de soigner  le tronc plus que le fruit. De là naît une certaine contemplation mystique du monde. Etre mystique c’est se laisser dévorer vivant pour ne plus tomber nez à nez avec la mort que l'on se donne ou qui nous est donné. La mythologie façon Poumarède n'est donc plus le monde des songes où vogue la barque de Charon. C'est une manière de montrer les hauts fonds de notre époque et de tenter d'y découvrir un asile dans la lumière.

L'artiste équilibre les reflets, ajuste les distances. Son travail devient le dehors où le dedans s'exile pour se voir : il est le retournement par la mémoire ancestrale qui taraude le réel ainsi revisité. Les eaux grincent, les pierres sont molles. Le pied de l'homme s'empêtre dans la jambe qui cède. Et le bras tombe dans le vide à côté.  C'est le règne de la présence et de la temporalité sans cesse renouvelées. Le monde est présent à l’être et l'être est présent au monde que parce qu’il fait lui-même partie du mythe. Ce que son regard voit du monde n’est pas forcément dans le monde.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.