Artistes de référence

Jo Robertson

Mirondella
galerie d’art en ligne

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Exposition permanente

Expositions trimestrielles

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Collection Palettes , l'intégrale - Coffret collector 18 DVD
par Alain Jaubert

Palettes: une série de films consacrés aux grands tableaux de l'histoire de la peinture.Grâce aux plus récentes techniques de l'animation vidéo , les secrets des images sont racontés comme autant d'aventures dans le plaisir et la découverte. Cette intégrale présente une collection de 50 films , une exploration de 50 tableaux de maître par Alain Jaubert. Disponibles pour la première fois: 4 dvd inédits(Le Caravage , Véronèse, Kandinsky , Bacon...) ainsi qu'un entretien exclusif avec Alain Jaubert sur l'histoire de Palettes. 

Biographie du réalisateur 
Avec Palettes , Alain Jaubert raconte l'histoire d'un tableau à la façon d'une investigation policière en offrant au spectateur une cascade de découverts et d'explications. 

Contenu du coffret: 
1 - Lascaux : Lascaux, préhistoire de l'art - La nuit des temps 
2 - Peindre dans l'Antiquité : Euphronios - Pompéï - Fayoum 
3 - Naissance de la pespective : Sassetta - Uccello - Piero della Francesca 
4 - Mystères sacrés : Van Eyck - Grünewald - Le Caravage - Véronèse 
5 - Le Temps des Titans : De Vinci - Titien - Raphaël 
6 - Le siècle d'or des Pays Bas : Rubens - Rembrandt - Vermeer 
7 - Le grand siècle français : La Tour - Le Lorrain - Poussin 
8 - Le siècle des Lumières : Watteau - Chardin - Fragonard 
9 - L'image en Orient : Shitao Hokusai - Miniatures persanes 
10 - Autour de 1800 : David Géricault - Goya 
11 - Du romantisme au réalisme : Delacroix - Ingres - Courbet 
12 - Naissance de l'impressionnisme : Manet - Renoir - Monet 
13 - Après l'impressionnisme : Seurat - Lautrec - Vuillard 
14 - La révolution Cézanne : Gauguin - Van Gogh - Cézanne 
15 - Les grands modernes : Picasso - Bonnard - Matisse 
16 - De Duchamp au Pop Art : Duchamp - Klein - Warhol 
17 - LES INEDITS : Bacon - La dame à la licorne - Kandinski 
18 - Palettes les compléments : Palettes, une histoire - Clin d'oeil - Livret 48 pages 

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JO ROBERTSON TRUANDS ET VOYOUS
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Joanne Robertson @ Yahoo! Video

Pour Jo Robertson les songes sont toujours vrais, on les voit sur ses toiles et leurs hauts-fonds où la couleur prend racine en se propageant comme des algues. Il faut les regarder avec toute la lumière et l’obscurité qu'elles possèdent. Le sang s’élance, la chaleur s’enfle. La toile devient une peau que la brosse ou le pinceau caresse jusqu’à l’user. L’artiste fouille les recoins et la noirceur ne résiste pas. Surgit une étrange dérive inscrite sous le sceau de la fusion et de la rapidité.

Née à Manchester, Jo Robertson est une jeune artiste qui  travaille à Londres. Ses toiles de grand format sont saturées de matière violemment appliquée en pans larges jusqu'au point d’entraîner sur forme d'effacement de l’image. S'y distingue juste encore des formes qui émergent et sa sauvent de l’empâtement des couleurs. Cette peinture est totalement physique et presque athlétique. Le corps y est complètement engagé afin de faire surgir des motions sur une surface qui entre en vibration.. L'artiste tient sans fléchir dans ce face à face. Elle est tel un  poisson qui brille sous la vague et  qui délie les membres et les âmes. Le monde n'est plus enveloppé dans des draps qui endorment. Reste cet aboutissement  fait d'une passion sans fards.

L’artiste fait du regardeur son complice en cavale. Il y a la truande et le voyou. Du moins on peut s’imaginer ainsi dans ce pouvoir du risque.  Le temps passe : l’homme est fatigué, mais l’artiste reste aux aguets. Tout finit par s’égarer. Sauf les traces de couleurs.  Tout devient fantôme. Mais la peinture respire. C’est l’émotion. Jo Robertson ne prétend à rien d’autres. Que faisons-nous alors ? On ne bouge pas.  Dans chaque toile tout dépend de comment le corps et l’esprit suivent leur route. L’artiste enchaîne, reprend. C’est reparti à nouveau. Elle ne s’arrête pas. Et si certains sont des pros de la nuit et d’autres de la lumière, l’artiste, cigale et fourmi, enchaîne, déchaîne.

Tiennent-ils à nous ces paysages qui retiennent  dans leurs plis où se verse sans fin l’étendue ? Pas sûr. Car l’immensité rejoint l’abandon. Le ciel y aborde la béance du temps. Il a la couleur de la neutralité, de l’indifférence. Nous cherchons par delà toute impression comme derrière chaque rouge un autre rouge. Chaque tonalité est encore à vivre séparément dans l’absolu de chaque toile qui se lève, unique, ouvrant le jour du monde.

Parfois Jo Robertson ne craint pas de peindre les choses impossibles à décrire.  Des sortes de héros pourprés au taillis d’épines fléchées.  Une sorte de dune bouge, la mort recule. L’âme tombe des entrailles et des mains – elle gémit car le corps l’écrasait.. Sa place est pourtant dans la poitrine de chaque toile.  Chacune la remet à sa place. Elle devient  une image aux mille yeux pour qu’ils sortent de leur orbite et arpente le corps lointain sans ailes et sans racines.

La couleur agite le flot de sa peinture. Elle brûle l’air, le dévêt de ses terriers. Une douceur suffit à la porter sans qu’elle se brise. L’homme tremble. Mais son reflet demeure immobile. Celui qui regarde est réduit à ces cubes de lumière sans besoin de recourir à la moindre justification. Parfois tout se passe comme si la chrysalide n'avait pas encore accouché du papillon. Errance. Rouge matière : avec le temps on y sent battre de dos un ventre et des tempes.  

Ce que son travail construit l’artiste l’a rêvé. C'est sa manière de bâtir en découpant un espace plus nu. Traques et tracas  sous le ciel de sable. Les cordes de la mer retiennent le marin puis le détachent. La semence du ciel est le talus de l’image. En agneau de la lune celui qui regarde en lèche les bords. Avalanche, avalanche  en une cérémonie étrange pour un autre baptême qui fait oublier  combien le vice d’avoir un corps rend souvent l’homme si lâche. Jo Robertson est donc la plénière au sceptre adolescent, elle est la couleuvrine hautaine où s’exerce par sa pulsion le secret sexuel. Aube, profusion soudaine de figures terrestre. Eveil impétueux et mesuré des lignes où se groupe la sagesse des signes d’un monde grave et brut.

L’artiste ouvre les grandes marées. Nous sommes libres d’appartenir à rien. Mouvement, éclat, irréalité des choses. Le jour, la nuit, la nuit, le jour. Et la musique en fond sonore. Cette musique nécessaire à Jo Robertson pour ses créations. Quand s’éclipse le jour, son atelier revêt ses habits de nuit. Le silence frappe : elle lui ouvre la porte pour le transformer en bruit. De vieilles connaissances musicales à la fois lui brisent le cœur et alimente sa création.   Jo Robertson se bat contre les monstres. Elle les sort de son ventre, poing noué au diaphragme. Elle défait leur chanvre douloureux d’être trop bien tressé.  C’est une envie, une petite mort. L’inverse d’un suicide :  un plaisir.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.