Artistes de référence

Claude Rutault

Claude Rutault : le site.


Traité des couleurs
de Libero Zuppiroli et Marie-Noelle Bussac

Le monde des couleurs a toujours éveillé la curiosité de l'homme, tant par sa diversité et sa complexité que par son contenu émotionnel. Depuis des siècles, artistes, artisans, scientifiques et philosophes s'interrogent, chacun à sa manière, sur la mature des couleurs et sur les moyens à mettre en oeuvre afin de s'en servir, de les reproduire ou de les mesurer. Du désir de mieux comprendre les couleurs sous tous leurs aspects, et donc de réduire l'éparpillement des connaissances, est née l'idée de ce Traité des Couleurs. Articulé en deux parties, richement illustré par plus de 130 photographies originales, cet ouvrage intéressera tous les curieux de La couleur et en particulier les scientifiques, les philosophes, les artistes et les artisans.

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Contrats du monde de l'art
de Véronique Chambaud.

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière... ... » la suite


« DEFINITION / METHODE » : DEFINITIONS ET METHODES - CLAUDE RUTAULT :
par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Exposition "vers le ciel de la peinture" du 2 juin 2009 au 20 septembre 2009
au "Creux de l'enfer", centre d'art contemporain - Thiers (Puy de Dôme, France)

Claude Rutault - Définition/méthode
rutault claude
En1973, lorsqu'il décide de repeindre les murs de sa cuisine ainsi qu'un petit tableau qu'il avait laissé là par inadvertance, Claude Rutault  découvre  qu'une toile et son mur cohabitent dans un rapport qui est loin d'être neutre et qu'il serait intéressant d'en rendre compte. L'histoire de la peinture et de ses conditions d'existence, va dès lors, reprendre ses droits dans des considérations des plus simples au plus fondamentales. Une toile tendue sur châssis et peinte de la même couleur que le mur sur lequel elle est accrochée, tient de la fresque et du tableau réunis en une réalité immédiatement perceptible pour ce qu'elle est : ce n'est que de la peinture. Sa facture est neutre, mécaniste. Son mode de recouvrement uniforme ne présente aucun repère qui pourrait faire office de signature.   Il existe en apparence pas le moindre état d'âme ni de recherche originale dans la conception de l’œuvre du peintre. Il ne s’agit pas pour lui d’avoir un style ou un langage originaux. L’artiste est à la recherche d'une couleur globale qui s'apparenterait plus à un recouvrement pictural qu’un monochrome formaliste.

Toutefois Claude Rutault ne s'en tient pas à la simple pratique d'une peinture instantanée réduite à des conditions objectives de travail et d'exposition. Certes par son corpus de définitions/méthodes qui décrivent les modalités de réalisation des oeuvres et de leurs mises en place à l'initiative d'autres personnes que lui-même, l'artiste prolonge et déploie son précepte de départ.  Cette stratégie en entraîne d'autres : d'une réalisation à l'autre, l'oeuvre est méconnaissable tout en étant parfaitement identifiable en tant que peinture et mur de la même couleur . En effet les définitions/méthodes, elles, semblent très précises mais comme elles sont liées à des paramètres le plus souvent indépendants de la seule volonté de l'artiste, elles débouchent sur des résultats pratiquement imprévisibles. A la fois programme et pratique  cette  approche  reste indispensable à l'existence de l'œuvre. Sa proposition initiale seule n'y suffirait pas :  seul le résultat compte (avec ses prises de risque et ses erreurs, ses ratés possibles).L'absence de prise en charge pourrait  d'ailleurs déboucher sur la disparition de l'oeuvre comme c'est le cas avec la série des "peintures-suicide" dont la surface diminue d'année en année.

Rutault a d’ailleurs sélectionné une série intitulée  "interchangeable généralisé" formées de toiles de formats standards réparties chez chacune des personnes contactées pour la réalisation de cette exposition série. Avec cette oeuvre l'accrochage institutionnel se voyait ainsi propulsé hors de ses murs et le système muséal s'obligeait à une application ouverte de son principe d'exposition.  Le peintre va donc vers ce qui désormais l’intéresse : ce qu’il nomme des « exposition/méthodes ». dont la règle est toujours la même :  Le support peint et le mur doivent apparaître identiques sous l’angle de la couleur. En confrontant dans des combinaisons variées plusieurs définitions/méthodes (ou en y associant d'autres artistes) les expositions/méthodes débordent largement l'oeuvre dans son individualité. Elles explorent les enjeux de la diffusion d'un travail collectif dont chaque partie s'attache à définir sa logique d’exposition . Ce déploiement d'activités s'oppose autant à l'idée d'autonomie de l'oeuvre qu'aux attitudes contemplatives de celui que Rutault nomme "collectionneur légume".

Plus d'atelier qui enferme le peintre avec son chevalet et sa palette, plus de cadres, de cornières, de spots directionnels. Ces éléments rattachés à l'oeuvre d'art traditionnelle disparaissent au profit d’un « cadre » beaucoup plus large liés à divers contextes architecturaux, sociaux, idéologiques, psychologiques rattachés à une expérimentation qui se vit dit, l’artiste, « à la fois comme contenu et métaforme d'un art qui par son inscription conjoncturelle ». Au sein de l'éclatements des procédures, des rôles et des circuits divers possibilités se croisent et repose la question de l'originalité et de l'identité de l'oeuvre.  Peintre radical, catalyseur de travaux , Claude Rutault crée – on l’aura compris – un nouveau rapport à l’art tant pour l’artiste quie pour celui qui jusque là se contentait de le « réceptionner »…

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 


Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.

Interview de Claude Rutault pour les journées du patrimoine, 2008