Artistes de référence

Salvatore Gucciardo


Salvatore Gucciardo

Né en 1947 à Siculiana en Italie. Vit en Belgique depuis 1955. Il a reçut de nombreux prix et titres honorifiques, tant en Belgique qu’en France et en Italie. Il figure dans plusieurs dictionnaires, anthologies, catalogues édités en Belgique, France, Italie, Angleterre, Amérique. Il a illustré des contes, des recueils de poèmes, des revues, des magazines, des journaux… Ses œuvres ont été acquises par divers musées de Belgique.
« L’Instinct Cosmique » réunit une bonne vingtaine de nouvelles œuvres qui tendent vers l’abstraction. Salvatore Gucciardo commente cette nouvelle série créative : « Suite à un besoin de m’exprimer dans une forme de plastique pure, j’ai revu ma démarche fantastique avec un certain recul après analyse de mon univers. J’ai voulu donner un nouveau souffle au langage figuratif qui m’était coutumier tout en gardant son essence sacrée. Souhaitant rester fidèle à une inspiration fertile qui m’accompagne depuis plus de 40 ans, je me suis laissé emporter par le lyrisme de l’alchimie intérieure ! Une métamorphose s’opéra en moi, pour laisser advenir une féerie de formes où la force de la création donna naissance à la musique des sphères et à la magie des couleurs. J’ai pu garder l’eau de la source créative et les racines de l’univers. Les ondes de la genèse se mêlaient aux flots des vagues. Du Big Bang de la création naquit une cosmologie hybride. Une nouvelle vision artistique vit le jour ! Le visage de l’homme se transforma. Le magma humain est l’embryon universel qui engendrera les formes créatives. L’âme humaine offrira un nouveau visage ! »

L'instinct cosmique

par Jean-Paul Gavard-Perret

Salvatore Gucciardo, exposition "L'Instinct Cosmique, Espace Gazo, Gilly (Belgique)", du 30 octobre au 28 novembre 2008.

Pour Salvatore Gucciardo au commencement était le verbe. Au commencement fut donc le mensonge où nous fûmes immergés comme nous fumes noyés par les mères, et pliés par les pères. Mais avant ce premier jour dans l’argile du ventre et l’écume de la loi il y eut la soupe cosmique.
C'est elle que l'artiste propose de partager. Ses tableaux nous livrent à la seule errance du temps qui dépasse le petit espace chronologique que nous tentons de pûlser.

Le créateur nous enivre d'espaces, de cercles qui ne ferment pas mais se répondent les uns les autres. Nous ne sommes plus refaits par les “ mots salauds ” qu’a évoqués Artaud. Nous sommes des garnements face à des totems, des orbites et des ventres cosmiques. Nous ne crevons plus de manque face à l'ogive d'un sexe-mère ouvert par la clé d’un patron-minet qui lui-même nous cloua dans sa tête.

Surgit de chaque oeuvre une infusion de lumière. A l’infini la dérive picturale secoue le temps et empêche de brûler sur le squelette. La peinture devient de l'ordre du baume et de l’onction. Ceci est le nom de l’aube, son crépuscule. Dès lors que reste-t-il de nos amours sinon l'Image. Elle crée le miroir. Et le miroir est l’image de l’image. Il est des peintres qui y renoncent parce que pour eux il y a une erreur au fond. Gucciardo sait qu'il ne s'agit pas d'erreur mais d'une autre à la surface. Il la fait remonter dans un travail proche de la science-fiction mais qui en même temps est son contraire.C'est ainsi que l'artiste relance dans le ciel ce qui en est tombé : pouvoir de l'image et hantise de l'air.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.