Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Stéphane G. Schollaert

Stéphane G. Schollaert
Emotions et lumières

Stéphane G. Schollaert. Wavre (Belgique) 1929. Docteur en Médecine (Université Libre de Bruxelles 1953). Se spécialise en radiographie et imagerie médicale. Depuis 1986, s'oriente vers la photographie d'auteur.
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STEPHANE G. SCHOLLAERT : L’ELOQUENCE DE L’OMBRE

par Jean-Paul Gavard-Perret

 


SchollaertStéphane G. Schollaert, Photographies, Charles Payan, vidéos, installation, "Instants", Exposition du 9 au 30 décembre, Galerie associative Le Larith, Chambéry.

Initié à la photographie par son père qui lui demandait souvent son aide pour les travaux de chambre noire, Stephane G. Schollaert découvrit très tôt la magie des révélations de l'image latente. Après trente ans de travail sur l'imagerie médicale, l’artiste né à Wavre (Belgique) s’est orienté sur la photographie afin de retrouver les lumières de l'enfance. Son travail sur les transparences, sur les ombres et les formes fait de lui un artiste dont l’approche n’est pas sans rappeler la grande tradition classique de la photographie des années 30 à 50.

Ce qui frappe reste la maîtrise de la lumière qui, à la grande différence de l’éclairage, rend les choses et les objets si vivants qu’on peut en décrire les couleurs de la façon la plus naturelle qui soit. La fantaisie est ici maîtrisée par l’émotion. L’anecdote s’efface devant la suggestion. L’éloquence de l’ombre devient tactile : le silence de la lumière semble devenir visible.

L’ombre joue dans ce travail un rôle matriciel, un rôle de matière à image où l’image se déploie et déploie l’approche de quelque chose d’inaccessible. L’ombre devient un monstre dialectique et elle dépasse ici la science des contours. Elle porte à voir dans les choses leur fantôme dans la couleur étrange : celle de la hantise. La photographie devient une matière de lointain mais un lointain qui s'avance avec influence majeure sur l’imaginaire. Si bien qu’elle semble tactile en rapprochant dans son « éloignement »  ce qui est le plus intime. Par la destruction des apparences Stéphane G. Schollaert génère un émerveillement à tonalité lunaire. Air blême, désir de fondre le nuage du réel dans un autre nuage par ascèse et élévation du crépusculaire nécessaire à toute création.

Les formes apparaissent à mi distance du graphisme et du pictural, de l’empreinte et de la poussière, Dans un processus de placage et de retrait. l’artiste ne cesse de produire des délocalisations : engloutissement, plongée, concentration aussi. Effet atmosphérique d’une « disparition » capable de réinventer l’espace, de le diversifier. La hantise est déplacée par les éclats d’ombre et le relief visuel devient le souffle du temps.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.