Artistes de référence

COCO TEXEDRE

Coco Texedre

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Artistes : 1001 conseils
pour mieux vendre vos oeuvres
de Céline Bogaert

Produire un travail artistique de qualité ne suffit pas pour en vivre. Vendre son art est un véritable métier et les démarches à accomplir sont nombreuses. Il faut notamment : se faire connaître, trouver des financements, des partenaires, des clients, les fidéliser, choisir une structure juridique, établir les déclarations légales, gérer ses ventes.
A travers ce guide, vous trouverez des astuces et des réponses à vos questions concernant : les formations, les subventions, le mécénat et le sponsoring, les outils efficaces pour développer votre notoriété, les relations avec vos différents publics et clients, les déclarations obligatoires, la facturation, la protection de vos oeuvres.
Les textes de ce guide sont illustrés par de nombreux exemples et modèles (demande de subvention, communiqué et dossier de presse, fichier clients, dossier de diffusion, contrats, facture…) et assortis d'un précieux carnet d'adresses (contacts administratifs, organismes délivrant des aides et subventions, associations de promotion et d'accompagnement des artistes...).

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COCO TEXEDRE
LE BEURRE, L'ARGENT DU BEURRE ET LA CREMIERE
par Jean-Paul Gavard-Perret


Coco Texedre est une artiste des plus culottées. Pour s'en convaincre il suffit de se reporter à la carte de vœux qu'elle offre à ses complices en guise de cérémonie pour l'année deux mille douze. A une telle enseigne elle pourrait bien devenir l'année des partouzes…

Mais qu'on ne s'y trompe pas. L'artiste sait se tenir. Ce qui ne l'empêche pas d'offrir aux enfants de Plotin, à ceux qui poussent les portes quand il est bien spécifié de les tirer, qui lorsqu'ils son assis dans l'herbe jouent à l'arracher, qui disent « C'est moi » en réponse dans un interphone, qui essayent encore et encore de mettre de l'eau dans leur gant de toilette, qui s'aident de leurs doigts pour compter et qui lorsqu'ils téléphonent à un correspondant au bout du monde crient pour qu'on les entende mieux, une œuvre totalement iconoclaste.

A ceux là et aux autres Coco Texedre propose un jardin pistilentiel et de curiosités. Elle propose même d'étranges bottes mystiques mi-raisins enduites de croix blanches pour le traverser. Le printemps y renaît dès janvier. L'heure du gel ne sonne plus chaque matin. C'est plutôt l'ère de dégel généralisé puisque le renonculacée est annoncée. Chaque rosier y a son fumier, chaque pétale son pal, son palier, son espalier, ses auréoles, ses aréoles et ses alvéoles. La vie y devient un film d'action où tout est lent, un film lent où tout est aventure de thym-thym.

Parfois ce jardin se nourrit d'épines. Elles matent la rose d'un matin pour la griffer entre les jambes d'un parc-en-ciel. Elles triquent la colchique, la Monique, la Véronique et toutes les saintes en pic-nique, violent ses voilettes, ses violettes mais prennent soin de ses allumettes et de ses amulettes. Il y a parfois des lys froissés, des calices de tequila avec une rondelle de citron à cheval sur leur bord, des jonquilles jugulées, des giroflées déflorées, des tubéreuses entubées, des mimosas momifiés, des cœurs de Marie fricassés bleus ou saignants. Mais qu'importe. Les hautes grilles en fer forgé n'empêchent pas ce paradis de déborder sur l'existence.

On croyait – vu certains indices – entrer dans un cimetière, un petit cinéraire pour roses trémières mais tout est encore berceau et pouponnière. Les cendres des disparus sont allongées dans des cerfeuils. On entend sonner le glaïeul. L'hallali du lilas résonne. Font chorus quelques cris sans thème. Deux angéliques mélangent leur protubérance. « Cela semble une aberrance » pense l'abbé rance qui vient prier en grande pompe ses saintes tremblantes de ses yeux pervenche.

Bref toute une ciné cure se présente en plans rapproché ou d'ensemble, en jeux d'écriture sympathique et symphonique. Car le monde de Coco Texedre n'est pas de congrue ration. Grâce à elle l'avenir qui nous tourmente est encore dans les œufs et les remonte-pentes. Possiblement hispanisante la belle artiste est de cas d'X. Mais sa pudeur existe. Sous la culotte n'est pas forcément invité pour un concert boogique un jongleur phallique prêt an entonner un « vibre oh ma sœur » (du moins à celle qui ne voit rien venir). Pas question de saboter Vénus. Car l'œuvre est un vrai ça sert d'os, en seconde ou en tierce et peu importe si ça colle aux quintes.

Ténor de l'imagination l'artiste fait même le beurre comme il doit se fer !
Et pour pénétrer les livres d'une telle Miss Elle on ne se fait pas prier - qu'on soit sale as ou non. Son travail permet de mêler le blanc au noir, de sortir des enfers de Jérôme Bosch pour aller vers celui d'une Coco Girl en se prêtant au rythme lent "That Old Evil Called Love" de Billie Holiday. Avec Coco Texedre nous pouvons gravir la chute, prendre nos clics pour un claque, gratter notre gras pour en faire naître la conscience, préférer la douceur du matin à la splendeur du crépuscule, voire touiller le jus de la framboise des lèvres de l'artiste jusqu'à ce que ce liquide voluptueux se mette à briller.

Mais l'œuvre nous indique aussi une certaine lumière, donne envie de relire Beckett et Schopenhauer, et de se déguiser en bouchère au milieu des couteaux et avec la scie pour les os qui résistent, de choisir le boeuf le plus gras qui dort debout à cause de l'angoisse, de ne pas habiter trop loin de chez soi, de n'être jamais aussi près de quelqu'un que de sa chaise, de refuser d'aimer les femmes maigres comme un clou car elles rendent marteau et de revoir le coucher de soleil sur le Grand Canyon du Colorado. Puis d'oublier Palerme et de tomber comme tombe le ciel.

Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.