Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Jacques Vieille

Jacques veille
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DVD
Lignes, Formes, Couleurs
par Alain Jaubert

Une série documentaire pour comprendre l'histoire des techniques de la peinture par Alain Jaubert, auteur de Palettes. Mettant à profit toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies, la série Lignes formes couleurs revendique une approche encyclopédique de l'histoire des techniques de la peinture. Chacun des films de Marie-José et Alain Jaubert explore les plus grands chefs-d'oeuvre de la peinture sous des angles méconnus. L'occasion de regarder autrement de célèbres tableaux de maîtres analysés dans leurs moindres détails.
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Contrats du monde de l'art
de Véronique Chambaud

Cet ouvrage rassemble les contrats et accords essentiels dont un artiste a besoin tout au long de sa carrière : contrat d'exposition, de commande, de projet artistique, accord de dépôt-vente, bail d'atelier, mandat d'agent d'art, cession de droits de reproduction, etc.



JACQUES VIEILLE L’ÉGARÉ DES VIVANTS DES PILIERS

par Jean-Paul Gavard-Perret

Sans titre, Sion, Eglise des Jésuites, 1987. Linoléum, tubes carton.
Jacques Vieille est à la fois architecte, paysagiste, décorateur, horticulteur. Mais contrairement à d’autres artistes intéressés par les mêmes domaines - Jérôme Boutterin par exemple – il s’est intéressé d’abord à l’architecture avant de se préoccuper de jardins et de paysages. La question  du paysage est d’ailleurs centrale dans une œuvre où aux colonnes de l’architecture répond celles de la nature. Pensionnaire de la Villa Médicis pendant deux ans au tout début de sa carrière, l’artiste y a approfondi ses recherches déjà axées sur une relation spécifique au site et au bâti. Il n’a cessé de les pousser plus loin.
L ‘articulation de l’art et du paysage est chez lui aussi savante, ironique que poétique. Nature et culture, art et artifice, organique et mécanique jouent selon divers mouvement d’échanges ou d’oppositions dans lesquels toutefois la verticalité a tendance à dominer. Aux armes de la nature (arbres) répondent celles de « sculptures » afin qu’elles interfèrent – sans pour autant guerroyer -  avec les premières selon des principes et expérimentations propres à réinterpréter l’espace.
Le comble de l'artificiel, la sophistication créent un questionnement de plus en plus poussé, critique mais aussi ironique sur le paysage du quotidien.  L’art devient pour Jacques Vieille le moyen de transformer l'espace, de l'irradier de divers éléments parfois drôles parfois, plus sérieux. Le paysage se divise, se rompt afin de se recomposer selon divers couloirs où des colonnes érigées, couchées ou penchées sont autant de sentinelles égarées. Elles deviennent autant de temples ou de ponts. Ces éléments hétérogènes "creusent" le paysage. Il prend ainsi une autre image dans ce qui tient souvent. à des puits de lumière unitaires.
Il y a donc un rapport qui unit deux "volumes" si bien que ce qui pourrait être considéré comme marges devient central. La raison "raisonnante" ne compte plus. Néanmoins par elle l'imaginaire de Jacques Vieilles  doit tenir. L'artiste invente ainsi des traces à l'endroit du partage. Et ce que l'œuvre troue devient la traversée de nouveaux  paliers.
Les divers types de colonnes créent de plus et à la fois des ressacs et des bancs. Ils jouent sur le  proche et la distance. Quelque chose voudrait éclater là où surgissent des lignes aussi simples qu'indéchiffrables. Le corps de la nature sculpte donc par retour ce qui est incisé, modelé  afin que perdure son mystère. Celui de l'art aussi. Présenté chaque fois comme un « inachèvable » (Blanchot) intelligemment programmé.

 Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.