Wen Fang : du glamour à l'essence.
par Jean-Paul Gavard-Perret
Wen Feng -Wall-01 (260x85cm ) - courtoisie : Paris-Beijing Photo Gallery
Wen Fang - The Six Realms of Existence in Beijing
Paris-Beijing Photo Gallery
Wen Fang travaille à la Jeff Koons aidée par plusieurs assistants. Depuis quelques années elle fait sensation en cultivant divers types d'implosion et en mêlant les cultures à l'image d'un grand nombre d'artistes chinois. Tandis que dans une de ces récentes expositions collectives ("Christian Dior ans Chinese artists) à l'UCCA le centre d'art pilote de la Chine le slogan "Mao est le plus grand soleil dans nos cœurs" défilait fièrement, la jeune artiste de 32 ans cassait littéralement les murs à l'aide d'une structure de briques : d'un côté surgissait les images de 60 ans d'histoire de Dior et de l'autre 60 ans de mode chinoise.
Son travail n'a pourtant rien de "mémoriel". Le souci constant de l'artiste est de posséder une langue plastique et un "geste" qui ne possèdent rien d'une régression passéiste. Ils découlent du questionnement mis en place d'une manière aussi glamour qu'iconoclaste à la fois. Surgit de cette quête une sorte d'épopée particulière. Wen Fang y cherche ses héros partout où ils se trouvent : en Chine bien sûr mais aussi chez un Dior ou chez une Isabelle Huppert… Dans une forme d'instabilité, l'artiste crée des embrouillements qui passent du commentaire moderniste à des bonds poétiques d'images non seulement à travers ce que celles-ci représentent mais de la manière où l'artiste les agence.
La créatrice invente un réseau fortement connoté qui développe des volumes sémantiques ambigus et flottants (volontairement). Le dédoublement de leurs plans, l'entrecroisement des axes de présentation permettent de penser la structure de ces travaux comme contrapunctique. Mise en volume de contrepoint entre sujet et contre-sujet, vitesse essoufflée de la syntaxe visuelle et consistance "improbable" des associations créent un espace et un temps sans repère fixe. En conséquence, une coulée rythmique très futuriste nappe les œuvres hétérogènes de Wen Fang tant par leurs thèmes que par leurs contenus. Creusements, emportements suscitent une dissémination des signes qui viennent mettre à mal la production de l'utile non vers le futile mais vers quelque chose qui permet de repenser sans cesse un monde autant de mutation que de crise.
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

The Golden Brick: Terracotta Figures of Civilian Workers in the Republic of China "
300 portraits d'ouvriers imprimés sur des briques de ciment de dimensions: 30 x 14 x 7cm
courtoisie :www.wenfang.org

| Jean-Paul Gavard-Perret Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.
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La jeune femme qui descend l'escalier
de Jean-Paul GAVARD-PERRET
Sur le modèle de la Lettre à jeune poète de Rilke, ce livre s’appréhende comme une rencontre différée, une mutuelle invention plutôt qu’un soliloque – sinon à deux voix... Et une visée rédemptrice de celle à qui ce texte est adressé surgit. Par effet retour, elle glisse celui qui parle hors du rien. D’où ce paradoxal corps à corps dans le jeu des espaces d’un côté, et,
de l’autre, la vulnérabilité paradoxale des mots au sein d’un « pas de deux » dans ces textes marqués par la danse donc par le corps.
Le recours à l’éloignement n’est pas là pour offrir une version nouvelle du fétichisme de celui-là. L’écart créé éloigne des rapports humains contemporains qui s’évanouissent dans la consommation d’une chair provisoirement offerte.
Il peut donc exister un goût clinique de l’amour bien fait, un goût du lisse qui forge une relation au sein de la distance. Elle n’est que la conscience aiguë d’un respect essentiel, un point de vie par effet d’empreintes des blessures afin que ces dernières s’effacent.
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» Editions du Cygne



