Artistes de référence - Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Xavier Martinez


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Xavier Martinez : le frontalier, la contrebande.

par Jean-Paul Gavard-Perret

Galerie du Tableau - 1er au 6 décembre 2008

 

D'élagages en effacements Xavier Martinez prouve que toute quête de l'essentiel tient de l'extinction. Quand d'autres tirent à la ligne, l’artiste sait fait court. Surgit ainsi de la langue par où tout passe, infuse. L’art permet en conséquence de culbuter hors du machinique. C’est pourquoi dans son œuvre une implosion a lieu. Elle ne referme pas l'être seulement sur son manque : elle dévoile les stigmates où s'échoue le désir. Mais chez lui le fantasme de toute puissance vient buter pour toucher une autre histoire. Plus réelle - plus tragique peut-être ou tout simplement plus dérisoire - issue de la vie industrielle où se construit l'étincelante épine des machines qui fascinent l’artiste.

Dans l’œuvre de Xavier Martinez quelque chose résiste mais ce n'est pas forcément ce qu'on croit. Il faut laisser venir à soi les assemblages et les manipulations que proposent l’artiste. Il faut se laisser prendre par ses processus mécaniques qui approfondissent et fluidifient ses créations. Des états « machiniques » que Xavier Martinez emprunte à la métallurgie du B.T.P. ou des sous-marins comme des dirigeables surgissent des suites de bifurcations et de régénérations. Le monde mécanique s'efface ou plutôt se dégage progressivement de sa matière dure et opaque. Mais il surgit plus dense encore. A l’état de labyrinthe dont on ne reviens au sein de divers processus et stratégies border-line.

Créer revient à dépasser la matière, la déplacer avant qu’elle s’écrive et s’inscrive dans une autre histoire. Soudain l’art veut dire l'absence mais non la mort. Il précise ce qui coupe le réel de son aspect aussi irrévocable qu’accessoirisé. L’image en devient l’errance fabriquée, sérialisée afin de voir comment se développe en de telles suites les marges de la réalité. Xavier Martinez vide, creuse le monde et ses images industrielles pour exhumer des états particuliers du réel. L’écriture plastique permet de le défaire et le reconstruire autrement. L’artiste prouve que ce qui nous exécute peut aussi nous retenir en vie : plus besoin de fermer les volets et se terrer. L’art est une abstraction qui ouvre bien des fenêtres.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.