Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Thierry BENENATI

Thierry BENENATI

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Art et Fiscalite, Droit Fiscal de l'Art 2011
par Véronique Chambaud

La fiscalité française de l'art est de plus en plus complexe. A la multiplication des réglementations s'ajoutent les difficultés nées de la qualification fiscale des activités artistiques et des oeuvres d'art. Cet ouvrage, entièrement mis à jour, donne les repères indispensables pour comprendre et utiliser le droit fiscal de l'art. Il clarifie les problématiques de la fiscalité du marché de l'art et examine les obligations et impositions des intervenants culturels, tant professionnels qu'amateurs. Il présente les mesures de soutien à la création artistique et en évalue l'incidence sur le statut fiscal des artistes selon leur spécialité (plasticiens, photographes, graphistes). Il étudie les régimes fiscaux spécifiques de l'art tels que l'imposition des revenus artistiques, de l'atelier d'artiste, l'achat d'oeuvres à un artiste, le mécénat culturel, la vente d'art sur l'Internet, l'acquisition de trésors nationaux, la taxation des ventes publiques, la TVA sur les oeuvres d'art, l'imposition des plus-values de cession d'oeuvres d'art, le régime de l'ISF, la transmission d'oeuvres d'art, la dation en paiement, etc. Il fournit des exemples chiffrés, des tableaux synthétiques récapitulant les choix fiscaux, des barèmes, des formulaires de déclaration, des décisions de jurisprudence essentielles. Il réunit les textes sources utiles, législatifs et réglementaires, facilitant l'accès à la matière. Méthodique et pratique, à jour des dispositions applicables en 2010, cet ouvrage apporte aux professionnels de l'art, aux artistes, aux collectionneurs et à leurs conseils, les éléments d'action et de réflexion nécessaires à leurs obligations et décisions fiscales. » disponible chez Amazon




THIERRY BENENATI : DANS LA SUEUR ET DANS L’ACIER

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

La sculpture animalière de Benenati épingle l'être. Elle le fait sortir de sa chrysalide christique dont un assemblage particulier dans l'œuvre donne une figure hérissée. Des multiples d'un Jésus crucifié mais détaché de sa croix d'origine sont réunis en dôme par l'artiste afin de créer une nouvelle version (à peine ironisée) du Mont des Oliviers.

Cette œuvre est - paradoxalement - révélatrice d'un travail de l'acier bien plus axé sur la bête que sur l'imagerie humaine. Non pour ramener la seconde à la première mais parce que celle-ci dit sur l'être  bien plus que son image anthropomorphique pourrait signifier.

On peut donc penser qu'une telle approche différencie le travail du deuil de celui de la mélancolie. L'animal d'acier (entre réalisme et merveilleux) permet de reconnaître l'endroit où la vie se creuse, se mange du dehors et du de dedans. Mais ou aussi elle s'exhausse comme en témoigne certains poissons étranges de l'artiste.

A travers l'acier Benenati forge le bestiaire qui nous habite. Car ce que nous prenons, en nous,  pour notre vide grenier et qui est aussi plein qu'une soupente ou un garde-manger et ne cesse de grouiller. Travailler l'animal revient donc à demeurer fidèle au plus près de la condition humaine.

L'acier peut donc la bête en l'être lorsque la décision radicale qui habite l'artiste l’impose.  A travers l'animal et l'acier il peut décrypter la coagulation non des fantasmes mais les métamorphoses des ordres qui nous affectent voire qui  nous grignotent. Chacun de nous est fait à leur image. Nous sommes donc chiens parmi les chiens tout autant qu'oiseaux parfois tragiques parmi les drôles d'oiseaux de l'artiste.

Benenati l'a bien compris. Nous croyons les animaux étrangers mais ils nous lient au peu que nous sommes. Ils réduisent l'espace qui nous  sépare de nous-mêmes. Ils rappellent - étant aussi bien nocturnes que diurnes - la vie d'avant le jour et d'avant le langage.

Il convient donc d’entrer dans ce bestiaire d'acier et son vacarme silencieux. Nous nous y débattons non sans ambiguïté comme Benenati se bat avec l'acier.  La germination que l'artiste lui insuffle crée un lieu qui emplit tout notre corps. Elle fabrique une perspective que nous voulons ignorer mais que l'artiste rappelle. Hantise, pouvoir de ses bêtes d'acier dont l'"incendie" et les incidences ne sont jamais maîtrisées. Restent leurs empreintes, leurs traces.  Ils rameutent de l’inconscient. Et soudain ce dernier perce sa propre peau à travers leur cuirasse.

L'animal signe donc une extension impalpable. Nul ne pourra - hors l'artiste ? -  l'apprivoiser. Mais par chacun d'eux il réinvente une humanité. Se crée le surgissement blanc d'une intimité ouverte. Chaque animal  sculpté accouche notre chimère. Il dit comme la Mme. Edwarda de Bataille "Regarde moi parce que je suis ton Dieu".

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.