Les chroniques de Jean-Paul Gavard-Perret

Chantal Hayette

Chantal Hayette
la page Mirondella


Art-thérapie : La peinture qui guérit
Michèle Curinier

Sous la forme d'un bref récit poétique, mêlant son itinéraire à celui des personnes qu'elle accompagne, l'auteur nous initie à la pratique de l'art-thérapie, ici la peinture thérapeutique. Elle nous montre comment l'acte créateur bouscule le fondement même de l'être. Le geste nécessite une liberté intérieure qui ne peut être fabriquée par la pensée. Il s'agit d'un chemin à parcourir où les sens nous ouvrent à la créativité et à la spiritualité. Le corps, le mental et l'âme peuvent s'accorder, faisant sauter les verrous de la dualité qui nous morcellent. Si la voie thérapeutique conseille de regarder ses blessures pour mieux les surmonter, c'est en reconnaissant les forces qu'elles ont fait naître en nous, que nous pourrons guérir et retrouver la vie. C'est dans une approche multidimentionnelle de l'être humain, une approche moins fragmentée de la médecine, de la psychologie et de la spiritualité, que l'on peut retrouver la joie en nous, l'élan vital qui guérit le corps et l'esprit, conduisant à notre véritable " moi ".
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CHANTAL HAYETTE : UNE MANIERE NOIRE

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Il faut tenter de suivre les dédales de formes, couleurs matières que Chantal Hayette offre dans une oeuvre qu'elle tire vers l'abstraction pour atteindre paradoxalement une charge d'émotions sensorielles. Plus besoin du support illusoire des références réalistes : la peinture à elle seule devient le langage d'éros.

L'artiste écorche les surfaces, joue sur le rouge, le cuivre ou le noir. Les formes et la matière  creusent une trace de mémoire faite de lueurs tremblantes ou violentes, d'ici ou d'ailleurs mais sans que soit convoqué désormais le moindre exotisme.

On sent combien l'artiste n'aime pas l'hiver et le froid. Elle s'occupe à la chaleur des étés comme celui du feu intérieur. Les deux  grésillent d'odeurs de peinture et de celui du café frais moulu.

Le travail pictural pénètre la pénombre. Les toiles en sortent chargées d'un chantier tellurique où certaines lignes deviennent dans leur torsion des branches noires ou des lèvres qui se tendent  afin de souligner d'autres couleurs et d'autres arpents.

On peut appeler cela une leçon de musique sauvage dont Chantal Hayette est la chef d'orchestre.  Et on laisserait à personne le soin d'organiser à sa place un rituel où l'abstraction est au service de la sensualité.

Sortant de la torpeur, la peinture dans sa matière est aussi grave et profonde que légère et insouciante. On y grimpe comme pour y retrouver un jouet perdu qu’un long sommeil avait immobilisé.  Et on imagine l'artiste entrain de se battre avec ses pâtes épaisses pour une course au bout du monde, au bout de la couleur.

Il y a là de longs voyages au sein de paysages magnétiques, d'étranges canyons et sierras. Des oasis étranges. Chantal Hayette devient porteuses de présents. Il faut entrer dans ses mirages de Sud antichambres de vertigineux abandons.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.