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Gehrard Richter

Gehrard Richter

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Le guide de l'artiste: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.

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LE MONDE HYBRIDE DE GERHARD RICHTER
par Jean-Paul Gavard-Perret



Annonciation d'après Titien - Gehrard Richter
Gehrard Richter ne joue jamais avec ses images. Toutes sont imprégnées de ce qu'il a trop connu : la destruction, la misère. C'est pourquoi il peint des objets toujours de la même manière : un seul objet surgit dans une contextualisation des plus sommaires à l'exemple de sa simple bougie qui éclaire à peine l'obscurité grisâtre. L'humilité est donc mise en exergue : qu'on se souvienne encore de son rouleau de papier toilette ou de sa chaise perdue dans un temps suspendu, un temps à l'état pur.

Parfois la peinture devient abstraite et se réduit à sa plus simple expression. : quelques bandes verticales noires sont partiellement éteintes par le passage de couche de blanc possèdent une force fascinante. Se redécouvre l'effet d'appauvrissement et d'amoindrissement mais selon une autre propension dans ses images figuratives. Créé d'après des photos de presse par exemple sur la fin de la bande à Baader le tableau « Couverture » est un linceul où est étendu la dépouille de Gudrun Esslin qui fut retrouvée pendue aux barreaux de sa cellule. L'artiste a d'abord peint la femme avant de la recouvrir d'un voile de blanc. Elle ne subsiste que sous forme fantomâle.


Il existe donc chez l'artiste à la fois une fascination et une méfiance par rapport aux images et à leur puissance. C'est afin de mieux les cerner qu'il ne cesse de diversifier à la fois ses techniques, ses sujets, ses approches. Son travail peur donner l'impression d'un immense bric-à-brac aux multiples entrées et possibilités. Or il n'en est rien. Sa profusion est très particulière et grave.


Gerhard Richter (1932) a commencé son œuvre juste après la Seconde Guerre mondiale. Son père et son oncle appartenaient à la mouvance nazie tandis que sa tante malade mentale fut exterminée dans les camps de la mort en « réponse » au programme eugéniste d'Hitler. Au début des années 60 il quitte la RDA et s'installe en Allemagne Fédérale. Il affronte alors ses souvenirs par une série de portraits de ces proches. Il les montre souriants – comme heureux - mais avec un effet de tremblement qui désaxe la perception première. Ce flou est d'ailleurs une rémanence dans ses peintures figuratives toujours réalisées à partir de photos. Il jette un doute sur la capacité des images à représenter.


D'autres œuvres limitées par leurs cadres et leurs reflets créent un autre type de doute : rassemblement de panneaux de verre translucides et miroir s'inscrivent en faux contre l'idée issue de la Renaissance qu'un tableau est une fenêtre ouverte sur le monde. Des tableaux gris viennent percuter d'autres éblouissants. Tout pourrait faire penser comme d'ailleurs l'affirme l'artiste ( « Je n'ai aucun programme, aucun style, aucune cause. ») à un capharnaüm. De fait le créateur ne cesse de réinventer son propre langage pour venir à bout du réel. Afin d'y parvenir il ne passe pas forcément par la déconstruction (cette tarte à la crème post moderne) mais par la réhabilitation des images les plus simples et humbles.

Il reste tout aussi capable de revisiter les classiques avec son « Annonciation d'après Titien » ou son « Iceberg » hommage à Caspar David Friedrich, originaire de Dresde comme lui. Surgissent aussi des maternités paisibles aux tons pastel, une petite Baigneuse à la Ingres, des jeunes filles en fleurs capables de suggérer envers et contre tout des moments de grâce et de jeunesse vitaux capables de transcender les spectres de la mort. Mais nul sentimentalisme ou kitch dans tout cela. Le visible et son inverse, ce qui chatoie comme le gris et le noir créent un univers de constante interrogation.


Parfois le doute a saisi l'artiste : en 2005 il pensa ne plus pouvoir créer. En plein milieu d'une toile il la racla et éventra. Ce qui d'ailleurs – l'artiste se reprenant – a donné la toile « Septembre » créée une nouvelle fois d'après une photo et dans lequel le flou neutralise le voyeurisme de l'appareil photo et de sa feinte de réalité. Richter prouve ainsi que tout ne peut être peint. Et pourtant il fait feu de tout « bois ». Marchant au milieu des ruines du monde et de l'art il a su s'en extraire. Désespéré il veut croire aux merveilles et au merveilleux mais avec une distance critique inhérente à son œuvre.

Jean-Paul Gavard-Perret.
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.