Artistes de référence

Rafael Trobat

Le guide de l'artiste: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.

& Amazon


RAFAEL TROBAT : APRES LA GUERRE
La Galerie Ruffieux-Bril, Chambéry. - décembre 2012 - janvier 2013.
par Jean-Paul Gavard-Perret

Nicaragua, Managua. Sur une plage une jeune fille s'abandonne dans les bras d'un amant. Plus tard dans une boîte de nuits deux autres s'étonnent des exploits « sportifs » d'un artiste porno dans une soirée privée entre filles. On est entre le luxe et la misère. Cette dernière est souvent plus belle au soleil… Et la splendeur des corps inséparable de la jeunesse. Ce sont là bien sûr deux grand clichés. Mais tous les arts dit de représentation sont souvent fondés sur eux. Trobat les reprend sans toutefois les cautionner. Il les transforme en une confrontation de l'amour et de la mort, de la croissance et de la décadence.

Maître de la composition et du noir et blanc ses portraits sont autant des images sociales, mystiques que sensuelles. Pendant 18 ans le photographe espagnol s'est plongé dans ce Nicaragua post-sandiniste, un « pays incroyable qui a beaucoup souffert mais plein de magie et de joie de vivre » dit-il. Partout on tente d'y oublier les dernières traces de la guerre civile et la misère toujours présente. La vie est palpite, intense. Les visages sont graves ou rieurs suivant le type de cérémonie auxquelles que l'artiste propose.

Il photographie les gens de la rue et les gens de la haute société, la mer et le carnaval, la vie et son contraire. Il part à la recherche du hasard mais pas n'importe lequel : le photographe doit le provoquer. Car la photographie est une histoire d'instants décisifs et fugaces qu'il faut savoir solliciter. Parfois elle les fait éclater.

Peintre refoulé le peintre a choisi la photographie pour sa forte empreinte sur le réel dans une époque où la peinture trop souvent ne peut parler que d'elle-même. Le noir et blanc impose un rythme à la construction et permet de se préoccuper de l'essentiel : la saisie des corps et des regards. Fini la pose, arrêt au superflu. Trobat déclenche l'obturateur lorsque le thermomètre des sensations est au plus haut.

Il est à ce titre un des plus grand portraitiste et permet de « montrer du regard » là où la réalité se dédouble par effet de noir et blanc. Existe là une manière de transformer l'invisible dans le visible avant que le visible ne se perde dans l'invisible Le réel en haillon est en métamorphoses. La photographie devient un caillou dans sa chaussure. Les fantôme s'hallucinent. Qu'importe leur zéro de conduite. Nyctalopes ou non ils vivent soudain d'une autre vie.

Jean-Paul Gavard-Perret.
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.